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Mallaury Delors
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Down the rabbit hole | Pompom le lapin Empty Down the rabbit hole | Pompom le lapin

le Dim 16 Juin - 2:25

Down the rabbit hole

Pompom le lapin

Mallaury avait un sac à dos pour seul bagage. Ça lui faisait bizarre, de se dire qu'il allait retourner en France, mais dans une ville qu'il ne connaissait pas du tout, et pour des raisons qui n'avaient rien de personnelles. On pourrait même les qualifier de... professionnelles ? Pendant qu'il faisait la queue à l'aéroport, il ressortit d'une de ses poches le tract plié en quatre qu'il avait conservé.

L'Association.

Un nom fort simple pour une organisation qui promettait de prendre une certaine envergure. Depuis peu, il en était fait promotion à l'université, et un panneau d'affichage lui avait été dédié. S'il avait bien compris, il s'agissait d'accepter des missions qui pouvaient vous envoyer aux quatre coins du monde afin de régler des problèmes liés aux dons que l'armée ne prendrait pas en charge ; ça paraissait bien, en théorie. Naturellement porté sur l'assistance, forcément, il en était au point qu'il hésitait à en devenir membre. Sauf qu'en pratique, il ne savait pas quoi en penser, pour plusieurs raisons.

Premièrement, avait-il les épaules pour ce genre de tâches ? Sa partie irrationnelle le rabaissait facilement. Mais avec le recul qu'il avait soigneusement appris à prendre, il se disait que ses connaissances en médecine, en chimie et en psychologie seraient forcément utiles, additionnées à sa condition physique qui grâce à ses entraînements était bonne malgré ses douleurs. Son don, éventuellement, pourrait servir. Il ne l'aimait toujours pas trop. Mais il devait reconnaître qu'il lui trouvait de potentielles applications. De toute façon, une partie est passive et impossible à désactiver, alors, autant voir ça comme un avantage... Pour la partie active, ce serait au cas par cas, et le moins souvent possible, comme d'habitude.

Deuxièmement, aurait-il le temps ? C'était le point le plus épineux. Ses études étaient, indéniablement, extrêmement chronophages, entre sa matière majeure et ses trois matières mineures, ses stages au CHU, ses travaux à réaliser hors des cours, ponctuellement ou tout au long de l'année, les révisions incessantes, les examens – et la vie en dehors de tout ça, tout simplement –, il était facile de se dire que ce n'était pas possible de cumuler à cela une telle activité. Il était même raisonnable de le penser. Or, pour une fois, il avait tellement envie d'être déraisonnable, juste parce que le concept, l'idéologie derrière l'adhésion à un tel organisme faisait écho en lui... Et puis il gagnerait un peu d'argent. C'était un argument qui avait son poids pour un étudiant aux économies bien faibles.

Finalement, il avait choisi de faire une tentative bénévole en solitaire, dans son pays natal, de la plus courte durée possible actuellement, à la dangerosité nulle, et en évaluant la difficulté comme étant relative. Retrouver un lapin en particulier... au milieu de plusieurs dizaines de ses semblables. En bientôt deux semaines, personne n'y était encore parvenu. Il n'avait aucune idée de s'il ferait la différence ou non. Il l'espérait, en tout cas. Il pensait aux parents de ce jeune métamorphe qui devaient être morts d'inquiétude. Et peut-être même que le gamin pouvait être mort de peur, de son côté, s'il avait gardé conscience humaine ?... Il doutait de ce dernier point, il aurait essayé quelque chose qui l'aurait démarqué d'un animal ordinaire, non ?

Il cogitait tandis qu'il franchissait une à une les étapes qui le conduisaient vers son premier avion. Un long voyage l'attendait, aussi long que la durée de sa mission... Deux jours de voyage, deux jours de labeur. Il savait déjà à quel point le décalage horaire allait être un calvaire à endurer. Il espérait parvenir à bien dormir dans l'appareil, tout en se doutant que ce ne serait pas le cas dès qu'il y prit place.

Il regarda par le hublot, parce qu'il connaissait déjà les consignes de sécurité dictées et mimées par les hôtesses. Puis quand finalement vint l'heure du décollage, son estomac se noua un peu, non pas à cause de l'altitude ou d'une quelconque crainte, mais plutôt à cause d'une certaine nostalgie. Il ne rentrait pas chez lui, cette fois, et pourtant, d'une certaine façon, il en serait si proche... Il attendait toujours des nouvelles de son père concernant sa possibilité de revenir durant les vacances d'été. Il n'avait pas pu, à Noël. Et la communication n'avait jamais été leur fort.

Le jeune homme laissait glisser ses pensées sur la mer de nuages en dessous de lui, jusqu'à ce que ses paupières tombèrent. Elles durent se rouvrir lors de l'escale, et ses membres se dégourdir tant bien que mal pour se traîner dans d'autres halls, pour faire la queue devant d'autres guichets, pour flipper un peu en espérant que ses affaires n'avaient pas été perdues, pour somnoler dans un fauteuil, avant de finalement se trouver bien trop réveillé lors du vol suivant. Ça, il allait le payer à l'arrivée, c'était sûr.

Il recommençait à piquer du nez au moment de l'atterrissage, comme par hasard. Ce fut donc d'autant plus atroce de se forcer à s'arracher de son siège pour endurer le ballottement entre les gens qui lui semblaient fonctionner en accéléré par rapport à lui. Pourtant, il ressentait à quel point toutes ces fourmis étaient fourbues de douleur, probablement la fatigue, les maux de tête ou de ventre, les courbatures... Il encaissait les mêmes peines, en pire. Il parvint pourtant, sans rien avoir égaré en cours de route, à trouver son bus en direction de Challans. Et bien évidemment, aussi épuisé était-il, il ne ferma quasiment pas l’œil du trajet.

Le pauvre externe commençait à regretter ses nuits de garde, elles, au moins, elles respectaient le cycle nuit-jour. Il bailla si fort au moment de descendre du véhicule qu'il s'imagina ironiquement que ses neurones miroirs avaient réagi à l'ouverture de la porte du bus. Ça ne le surprendrait même pas, d'être empathique avec cette machine, il en avait ressenti les vibrations du moteur jusque dans sa colonne vertébrale pendant de trop longues heures, il pouvait quasiment prétendre faire corps avec, maintenant.

Il pourrait tout aussi bien prendre racine sur le bitume de la gare routière. S'enterrer sous une couette, il préférerait. Mais le seul terme lié à la botanique auquel il devait penser maintenant, c'était ce foutu Jardiland qu'il devait rejoindre, il y était attendu à dix heures... Ok, par où devait-il aller ? On lui avait confié une carte, et il avait un bon sens de l'orientation qu'il devrait réussir à utiliser malgré l'épuisement. Il la déplia et commença à marcher. Longtemps. Un peu trop. Ça n'allait pas. Ça ne correspondait pas. Et il s'en était aperçu plutôt tard, puisque pas grand-chose avait changé, en fait. Mais l'enseigne recherchée, comme par hasard, elle, elle n'était plus là.

Il aurait dû utiliser Google Maps sur son portable. Ça, au moins, ça devrait être à jour. Il en profita pour regarder combien de temps il lui restait, et... Pas de réseau internet ? C'est une blague ? Au lieu de la fameuse 4G promise, paraît-il, par Macron sur l'ensemble du territoire, il ne voyait qu'une pauvre croix signifiant qu'il ne captait rien. Merveilleux.

— Putain de merde... laissa-t-il siffler alors qu'il n'est pas grossier, d'ordinaire.

Si quelque chose n'avait pas changé ici depuis son absence, c'était bien l'incapacité des politiques à tenir leurs promesses ! Il regarda autour de lui, un peu désespéré, afin d'aborder quelqu'un pour demander son chemin. Personne, juste des voitures qui n'allaient clairement pas s'arrêter pour lui. Il allait être en retard, tellement en retard... Il avait du réseau téléphonique, devait-il appeler l'Association ? Ce n'était pas sa faute, après tout, si le plan était faux. Mais s'il l'avait juste mal lu, s'il avait sous-estimé les effets du jetlag ? Son pouce restait suspendu au-dessus de l'écran tactile alors qu'il avait composé le numéro mais n'osait pas valider. Il se sentait si bête, si incapable, qu'allait-il bien réussir à balbutier de toute façon ?

Et soudain le téléphone vibra dans sa main. C'était lui qui était recontacté, finalement. Il n'avait pas eu à prendre cette initiative pesante. C'est presque avec soulagement qu'il décrocha et qu'il bredouilla un peu malgré lui, en manquant de parler français, avant de revenir à l'anglais :

— O-oui allo ?

Il trépigna un peu, poing serré sur l'une des sangles de son sac qui pesait sur ses omoplates alors qu'il se tenait un peu voûté, comme écrasé par l'angoisse de se prendre un reproche alors qu'il s'apprêtait à devoir exposer la nature de ses ennuis.

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Dernière édition par Mallaury Delors le Dim 16 Juin - 12:08, édité 2 fois

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le Dim 16 Juin - 11:50

Aloïs Landford

Assistant Administratif

Le téléphone vibre. Ce pauvre Aloïs est inquiet. Très inquiet, tous ses sens de papa poule en alerte. Le pauvre jeune homme à l'air fatigué qu'on à envoyé chercher pompom n'est pas arrivé à l'heure. Et ça, Aloïs n'aime pas du tout. Il a donc attendu que Yumiko aille se faire un café pour piquer le dossier et trouver le numéro du jeune homme. Il est bien soulagé d'ailleurs en l'entendant répondre.

"Pauvre chou! Qu'est ce qu'il se passe? Tu n'est pas arrivé à l'heure? Un problème? Ton train à eu un accident? Une voiture t'a renversé? On t'a agressé? Ca va? T'es sur? Perdu? Oh..."

Evitant soigneusement la secrétaire, Aloïs retourne à son bureau pour ouvrir le fameux google maps et trouver un plan de la ville. Demandant au jeune homme dans quel rue était-il afin de pouvoir le guidé vocalement jusqu'au jardiland. Non sans lui demander s'il avait fait bon vol. S'il avait bien pris son petit déjeuner. S'il pensait à s'hydrater. S'il avait un spray au poivre au cas ou les français soient agressifs. Ce n'est qu'une fois Mr Delors en vu du Jardiland que Prudence arracha le téléphone des mains de son assistant. S'en suivi une plainte du papa poule pour finir par raccrocher. Brutalement.

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Mallaury Delors
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Down the rabbit hole | Pompom le lapin Empty Re: Down the rabbit hole | Pompom le lapin

le Dim 16 Juin - 20:42

Down the rabbit hole

Pompom le lapin

Aussi attentif que possible aux indications, Mallaury se ressaisit et retraversa courageusement la ville. Sur le trajet, il répondait plutôt timidement aux autres questions de monsieur Landford qui dans un sens paraissait encore plus soucieux que lui. Oui, il avait fait bon vol – non. Oui, il avait pris son petit-déjeuner – une pauvre madeleine. Oui, il pensait à s'hydrater – un café trop cher et de l'eau de pluie, il lui semblait avoir pris quelques gouttes.

C'en devenait embarrassant, ça ne sonnait pas du tout aussi professionnel qu'il le pensait ; il avait l'impression d'être infantilisé, mais d'un autre côté, il trouvait ça gentil et ça le calmait. La remarque sur le spray au poivre le fit même rire bizarrement alors qu'il confiait croiser essentiellement des gens qui paraissaient avoir la soixantaine, et donc qu'il imaginait mal être agressé. Les seuls gilets jaunes qu'il avait pu croiser n'étaient que des agents de voirie classiques, en train de faire leur travail.

La conversation tourna court dès l'instant où l'étudiant confirma avec soulagement qu'il était bien en vue du fameux Jardiland où il était attendu. Il ne put capter qu'une plainte éloignée de l'assistant administratif avant que la communication ne fût coupée sèchement. Probablement son propre supérieur... Il ne s'en formalisa pas davantage et considéra l'idée de le remercier plus tard. Quand il aurait fini sa mission. S'il y parvenait.

Il avait pratiquement trois quarts d'heure de retard quand il franchit les portes automatiques. Il triturait nerveusement un cordon dépassant de son sac à dos, en cherchant quelqu'un à qui s'adresser. La caissière la plus proche le considéra d'un œil terne quand il vint se signaler et demander où il pourrait trouver son responsable, puis finalement, elle alla le chercher.

Un cinquantenaire un peu bedonnant se présenta brièvement, accueillant à peine ses excuses, puis il le guida entre les rayons puis dans une partie réservée au personnel, à l'étage, jusqu'à son bureau. Sur le chemin, il lui confia un badge à porter autour du cou grâce à un cordon, où avait été imprimé "Envoyé de l'Association", tout en lui disant que comme ça, il ne serait pas questionné par des employés de rayon qui pourraient se demander ce qu'une tête inconnue ferait dans une partie interdite à la clientèle, à manipuler des lapins.

Il en vint justement à ce sujet et après une inspiration, le jeune homme décida de demander des détails qui pourraient l'aider à rendre sa tâche moins ardue... Si bien sûr, il obtenait les renseignements souhaités. Il se doutait que ce devait être la ixième fois qu'on devait interroger de la sorte le quinquagénaire quand il capta son roulement d'yeux, et il dut se faire violence pour ne pas changer d'avis et se taire. Il avait besoin d'un maximum d'éléments pour aider ce pauvre Mutatis perdu. Il put donc apprendre les détails de l'histoire, tout en ayant accès aux enregistrements vidéos du magasin.

Il y a maintenant onze jours, le petit dernier de la famille Playde, âgé de huit ans, est entré à quinze heures dix-huit avec sa grande sœur. Il a été filmé à côté du caddie poussé par cette dernière, puis il est allé du côté du rayon animalerie, tout seul, et c'est en tombant après avoir vraisemblablement marché sur un de ses lacets défaits qu'il s'est transformé, vêtements inclus. Une autre caméra a vu finalement l'animal errer dans plusieurs rayons, puis être ramassé à seize heures moins cinq par un employé qui l'a ramené dans l'arrière-boutique. D'après son témoignage, il croyait que c'était un des leurs qui avait réussi à s'échapper, et comme ils ne sont pas pucés... Le bon côté des choses, c'est qu'il est forcément dans un des clapiers. Sauf qu'il ne sait plus lequel. Il se souvenait à peine qu'il est blanc, information confirmée par les parents du garçon, ajoutant même qu'il a les yeux noirs et les oreilles dressées. L'ennui, c'est qu'il n'est pas le seul à correspondre à cette description, et que vraisemblablement, le petit est bien incapable sous cette apparence de garder conscience humaine, et donc il ne manifeste pas de comportement étrange.

Quitte à ne pas dormir dans les transports, l'externe avait scrupuleusement listé sur son téléphone chacune des questions auxquelles il avait pu penser. La plupart avaient leurs réponses. Il ajouta à la suite toutes ces nouvelles informations glanées et, tant qu'à faire, il demanda s'il avait le droit d'obtenir le numéro de téléphone des Playde. Enfin, il fut emmené dans les zones de stockage, où les lapins plus ou moins concernés par le signalement physique avaient tous été rapatriés afin qu'il n'y ait plus une seule vente tant que l'affaire n'était pas résolue. En chemin, il fut pris d'un dernier doute : à combien d'individus devait-il s'attendre, au final ?
1er lancer (3 dés) - chaque dé vert indique trois lapins à compter en plus du minimum que je considère être six.
2ème lancer (1 dé) - si Mallaury appelle le numéro de la famille Playde, celle-ci décrochera sur un jet réussi, sinon, il tombera sur le répondeur.
3ème lancer (1 dé) - si ce jet rate, Mallaury se fait mordre et griffer les doigts par des lapins. C'est gratuit.

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Down the rabbit hole | Pompom le lapin Empty Re: Down the rabbit hole | Pompom le lapin

le Dim 16 Juin - 20:42
Le membre 'Mallaury Delors' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'Combat' :
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Down the rabbit hole | Pompom le lapin Empty Re: Down the rabbit hole | Pompom le lapin

le Sam 13 Juil - 22:59

Down the rabbit hole

Pompom le lapin

Mallaury n'aurait pas dû poser la question. Bon, en vérité, avoir la réponse maintenant de la bouche du directeur au lieu de constater les choses par lui-même, ça ne faisait aucune différence en définitive. Comme il le craignait en s'approchant du clapier, il avait affaire à une marée mouvante de poils blancs : quinze lapins, tous enfermés dans ce qui s'apparentait finalement à une vraie cage, complètement grillagée, large et assez haute pour qu'il se tienne accroupi à l'intérieur ; le magasin avait pris cette précaution à la demande de la famille au cas où leur petit garçon se re-transformerait de lui-même, miraculeusement.

Après une dernière politesse, il fut laissé à sa tâche. Sauf qu'il ne savait pas par quel bout la commencer. Ça n'avait ni queue ni tête, ou plutôt, le compte total faisait trente. Pourquoi avait-il pu croire un seul instant qu'il conviendrait pour cette mission ? Quitte à aider, il aurait plutôt dû se mettre en quête dans l'université d'une autre âme charitable avec des compétences adaptées, un pouvoir, par exemple. Le sien n'avait aucune application pratique, ici, puisqu'il ne peut détecter que les douleurs humaines, et que malheureusement, l'enfant ne garde pas sa conscience lorsqu'il se métamorphose... "Il s'agit juste d'un lapin". Tu parles, ça fait bientôt deux semaines que même ses parents s'y cassaient les dents à se ronger les ongles, comment lui était-il censé faire la différence ?

Chassant son élan de pessimisme, il ressortit son téléphone portable. À l'heure du repas de midi, il espérait obtenir quelqu'un au bout de la ligne, alors il composa le numéro desdits parents. Chaque tonalité lui nouait un peu plus l'estomac, à moins que ça ne soit la faim ? Monsieur Landford avait sûrement eu raison de se soucier du fait qu'il ait bien mangé ou non, en plus, il n'avait pas pensé à s'acheter quoi que ce soit pour midi. Il s'accorderait le droit de faire un petit tour à l'extérieur plus tard pour se prendre un sandwich et-

— Allo ?

Le jeune homme battit des cils, extirpé de ses pensées. Oh, c'est bon, quelqu'un a décroché ! Une voix féminine, la mère ?

— A-Allo, oui ? Bonjour, je m'appelle Mallaury Delors, c'est moi qui ai été envoyé par l'Association afin de vous aider à retrouver votre fils, se présenta-t-il un peu hâtivement, avec une voix faiblarde. Je vous ai contacté car j'aimerais obtenir quelques informations...

La suite le fit se mordre la lèvre et il s'empêcha de s'excuser puis de raccrocher ; ça s'entendait, qu'il était jeune ?... Oui, et alors ? Il eut un petit regain de courage, un peu blessé du sous-entendu qu'impliquait cette remarque. Son âge ne l'empêchait pas d'être compétent quand il le fallait, ce n'était pas le CHU de Summerbridge et son service des urgences qui allaient soutenir le contraire ! Il conserva son calme néanmoins, avant d'entamer son interrogatoire :

— Tout d'abord, est-ce que vous confirmez bien que votre enfant, sous forme de lapin, est blanc aux yeux noirs, avec les oreilles dressées ? N'y a-t-il aucune particularité notable comme une tache ? demanda-t-il avant de marquer une pause le temps qu'on lui réponde. Non ? Vous en êtes sûr ou vous n'avez simplement jamais vérifié en détail ? N-non, je ne remets rien en cause, juste... Compris.

Un doigt sur le microphone pour masquer son soupir. Au bout du fil, il percevait une certaine agressivité, mais il se l'expliquait aisément par l'inquiétude qui devait s'être emparée de cette mère depuis maintenant près de deux semaines, alors évidemment, il n'en tenait que peu rigueur. Il était cependant bien obligé de poursuivre la conversation, dans l'espoir d'avoir ne serait-ce qu'un maigre indice, un début de piste exploitable pour pouvoir différencier les lapins.

— N'avez-vous jamais remarqué un comportement spécial chez votre fils lorsqu'il est métamorphosé ? Et quand vous le nourrissez, vous lui donnez quelque chose de particulier ?

Que des questions qu'elle avait déjà entendues, se plaignait-elle sans avoir à le dire à voix haute : rien qu'à l'intonation, ça se comprenait. Évidemment, il n'était pas le seul à avoir essayé, c'est comme avec le gérant du Jardiland, ils ont subi ce genre d'interrogatoire plus d'une fois, sans résultat puisque la situation est toujours bloquée... Mais il n'avait pas le choix que de tenter sa chance, lui aussi. Il n'avait pas l'impression d'en avoir beaucoup, ceci dit.

— Mh, est-ce la première fois que sa transformation est aussi longue ? Que faites-vous d'habitude, lorsque cela arrive, n'y a-t-il rien qui semble susceptible de le faire revenir à son état initial plus vite ?...

Voilà, il était à court d'idées. Le dépit s'installa subtilement sur son visage ; à peine un affaissement de commissure.

— Je vous remercie d'avoir pris sur votre temps, m'est-il possible de vous joindre à nouveau si nécessaire ? Bien sûr, vous pouvez me rappeler en premier si quelque chose qui pourrait m'intéresser vous revient, n'importe quoi, même un détail... Mmh, je tâche de retrouver votre enfant, madame... bonne journée à vous, au revoir.

Il raccrocha, peu satisfait de l'échange. Il n'avait pas l'impression d'avoir beaucoup progressé. L'absence de conscience humaine était vraiment un problème jusqu'au bout ! Dans ce cas de toute façon, il aurait pu repérer le bon lapin grâce à son don... Non, même pas, car en réalité, cette situation n'aurait jamais eu lieu d'être : l'enfant aurait été assez intelligent pour faire comprendre qu'il n'était pas un animal ordinaire.

Par dépit, il pénétra dans l'enclot, s'efforçant de n'effrayer aucun de ses occupants. C'était un peu raté au départ, naturellement, mais bien assez tôt, il fut finalement ignoré, puisqu'il demeurait immobile. Il tendit alors une main vers l'un d'eux, qui se recula légèrement, avant de finalement se raviser et renifler ses doigts. L'étudiant en médecine choisit ce moment pour le saisir avec une douceur ferme, et l'inspecter attentivement. L'animal garda un calme qui lui était d'une aide indéniable.

Soudain, il découvrit quelque chose qui réussit à lui rendre un petit sourire ; il avait eu tort de baisser les bras tout de suite, et d'estimer qu'il avait téléphoné pour rien. Il avait appris en insistant auprès de la malheureuse maman qu'après plusieurs années à veiller sur un fils capable de se changer en lapin, elle pouvait affirmer avec certitude que son pelage était parfaitement uniforme. Mais dans le doute, ou peut-être sans être aussi attentifs qu'elle ne l'avait été, les employés n'avaient pas écartés les spécimens présentant quelques tâches plus sombres. C'était toujours ça de moins, n'est-ce pas ?

Celui entre ses mains avait une petite trace noire sur la patte arrière gauche. Tout content, il lui rendit sa liberté et... s'aperçut de sa bêtise : c'est bien beau de trouver une différence mais une fois reposé et au milieu de ses congénère, il était à nouveau impossible à reconnaître, il encourait le risque de ne jamais parvenir à tous les inspecter s'ils se mélangent de trop ! Il avait besoin de pouvoir faire le tri efficacement, sinon il n'avancerait jamais.

Avec une volonté nouvelle, il quitta le clapier pour aller réclamer un système lui permettant de séparer les "bons" et les "mauvais" candidats, et en attendant, il choisit ce moment pour se permettre de mettre en application son autre résolution : aller s'acheter à manger. Ça lui permettrait par ailleurs de s'aérer un peu avant de se remettre minutieusement au travail, ce qui lui prendrait une grosse moitié de l'après-midi, jusqu'à l'heure du goûter où pour la première fois depuis longtemps, il eut vraiment envie de grignoter quelque chose. La deuxième madeleine négligée durant la matinée lui convint.
1er lancer (3 dés) - chaque dé vert indique maintenant quatre lapins n'étant pas parfaitement blancs et donc à soustraire.
2ème lancer (1 dé) - intervention du staff : événement chanceux si le jet réussit, et malchanceux s'il rate.

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le Sam 13 Juil - 22:59
Le membre 'Mallaury Delors' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'Combat' :
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#2 'Combat' :
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