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Adam Johannesson ‡ Le prix d'une vie.

le Ven 17 Aoû - 23:02


Adam Johannesson

32 ans ᵜᴥ 24 juillet 1986 ᵜᴥ 1m77 ᵜᴥ ♂ ᵜᴥ Yeux gris acier ᵜᴥ Cheveux noirs ᵜᴥ  Professeur de médecine et adjoint à l’infirmerie de l’Université de Summerside ᵜᴥ perfectionniste ᵜᴥ franc ᵜᴥ génie logique et mécanique ᵜᴥ altruiste ᵜᴥ curieux ᵜᴥ impassible ᵜᴥ calme ᵜᴥ cynique ᵜᴥ contemplatif ᵜᴥ distant ᵜᴥ utopiste ᵜᴥ déterminé ᵜᴥ orateur

Neitun
Caprice infini, ultime main levée à l’encontre du destin vis à vis des traumas que la chair peut subir, Neitun est le refus absolu, la chimère devenue réalité, l’excentricité finale de cet homme qui a voué son existence à la science et aux soins. Là où la fatalité se trouve, quand même toute la connaissance du monde ne suffit plus et les compétences, aussi magistrales peuvent elles être en matière de médecine, se voient dépassées, Adam refuse.

Enfant éternel, l’insulte que lui opposent les blessures les plus graves, intraitables ou lorsque le temps ne lui est pas donné afin de traiter comme il se doit un mal physique, il s’oppose, conteste, rejette. Pansements et médicaments, drogues et  rémissions imparfaite dues à des avancées en la matière qu’il juge insuffisant par pure extravagance, tout ceci devient inutile. Voir le potentiel d’un être déchiré des suites d’une providence malheureuse le répugne et le voilà déjà à oublier son vaste apprentissage, à ne compter plus que sur ce don que la nature lui a octroyé, apposer ses mains sur l’immonde meurtrissure et en récuser tout les effets.

Neitun est le miracle qui lui est offert de nier l’existence même de la moindre plaie, tuméfaction, fracture, fut-elle ouverte sous ses yeux, le pouvoir aux portes du divin de relier les morceaux tronqués d’un patient, tant que la chair est liée, même en une infime portion. Par sa seule volonté il renvoi l’horreur au lointain souvenir, comme si elle n’avait jamais existé, forçant le fatum inacceptable à ses sens à ne plus paraître. Les frontières et les limites de ces arts qu’il affectionne tant n’ont dès lors plus lieux d’être et à celui à qui on ne donnait plus qu’une minute de vie tout au plus, sous l’apposition de ses paumes, se voit ses jours rendus, intacts, dépourvu de la plus petite séquelle.

Mais une telle capacité n’est pas sans conséquences, le risque encouru de forcer la destiné est tel une épée de Damoclès qui s’élève au dessus d’Adam comme une mesquine promesse que rien ne se perd, tout se transforme. Sans que rien ne semble marquer le praticien dans un temps premier, si son patient un jour subit pareille blessure, alors le prix se prélève, sans concession. Tout ce qu’il répare, il l’endure dès lors en exacte mesure et instantanément. Il ne s’agit pas là d’une sensation, non : son propre véhicule corporel se froissera, brisera, tranchera, étouffera de la même manière que celui qui aura récolté une seconde fois trauma égal.

Il va sans dire que le professeur et docteur à ses heures perdues use ainsi de ce prodige avec parcimonie. Les limites de ce phénomène sont légions, car elle n’a pas court sur les maladies, virus, dégénérescence des tissus qu’un cancer, par exemple, pourrait lui opposer, ces cas là subsistant ses pires adversaires encore à ce jour. Un membre détaché totalement ne se verra pas non plus fusionné de nouveau, pourra-t-il alors tout juste accélérer la cicatrisation pour un moignon propre et sain.

Quand à la mort… Oui, cette aptitude est allé jusqu’à la vaincre une fois. Le désespoir aidant, mu d’une force qu’il n’aurait pu avoir en aucun autre cas, il a rendu vie et forme à un être, le liant à lui pour l’éternité. Car si jamais ce-dernier venait à connaître le trépas, alors Neitun reprendrait, rééquilibrerait et cela signerait la fin d’Adam par la même occasion.
Mon histoire
Sourd, ses tempes battent trop fort, assourdissantes, au rythme des pulsations que son cœur gonflé d’adrénaline crache sous une intenable pression. Dans cet état, il avait pourtant reconnu le véhicule du premier regard, son esprit refusant la réalité que lui imposait ce que ses yeux lui montraient. Jamais la terreur ne l’avait touché, l’effroi lui semblait être interdit. Prenant tout avec un flegme flirtant aux côtés de l’invraisemblable, aucune situation n’était trop grave, trop impossible à gérer, jusqu’à ce jour. Ce soir là, au sortir des pans automatisés du terminal qu’elle lui avait indiqué, la mélodie du chant de sa voix saccadée par un réseau téléphonique revêche, l’horreur le prit. Les taules froissées, la voiture compressée tant et si bien qu’il était impossible que quelque chose de vivant ne subsiste en dedans. À l’essence qui se déversait sur le bitume et le trottoir du dépose minute se mélangeait un sang que jamais il n’aurait voulu voir un jour.

Lui, chirurgien émérite aux mains d’or, qui avait pu voir la chair à nue dans des états lamentables, catastrophiques, abominable, le rouge de cette hémoglobine le terrorisa au plus haut point. L’évidence n’avait pas besoin d’être vérifiée, l’habitacle réduit à un espace par lequel un bras n’aurait pas pu se glisser. Elle n’était plus et sa vie était une fin inacceptable. En aucun cas on ne l’avait vu ployer sous l’adversité, abandonner, se laisser aller au sol nourricier par désespoir. Pourtant tomba-il à genou au milieu des badauds effarés, à la lueur des lampadaires et au son des hurlements là où sa voix l’avait quitté. Bientôt, ce serait son existence même qu’il perdrait, son destin était lié à cette prisonnière du métal pour qui l’on ne pouvait plus rien. Au milieu de la foule, on ne l’entendit pas murmurer, lui demandant à elle si elle avait vu ce jour arriver. Car morte, il mourrait inéluctablement, elle avait bien dû le déceler.

On ne se souvenait pas l’avoir vu pleurer, depuis sa plus tendre enfance. Il assumait la misère et la douleur avec un sourire radieux en toute circonstance, prêt à la confondre et à se battre pour ses idéaux, pour sa fierté, pour son orgueil. Les larmes n’avaient goûté le glabre de ses joues que lorsque le vent soufflait trop fort ou qu’une poussière ne vienne se glisser sous ses paupières. La mélancolie et la dépression étaient ses Némésis et chaque jour qui passait était un combat contre ces dernières qu’il ne daignait perdre. Il était bien défait, à ce moment, le rouge envahissant le nacre entourant ses iris acier, la peau de son visage inondée, l’envie de se joindre au cri d’un rugissement affligé. Il l’accabla de culpabilité, murmurant sa rancune de lui avoir caché ce jour, elle avait du voir qu’il la suivrait… Instant de lucidité, au milieu de la nuit, une lueur illumina le gouffre qui s’avérait un tunnel : Elle ne l’avait pas vu.

Son ton était trop serein malgré les coupures au téléphone et il se connaissait assez bien pour savoir qu’il ne reculerait pas devant le trépas qu’il se promettait, dépossédé de son âme sœur. Elle ne l’avait pas vu et cela ne voulait dire qu’une seule chose. Comme fou, il se mit à rire d’une joie sans raison, poussant d’abord puis bousculant les témoins choqués de la scène, allant jusqu’aux débris sous le regard de tiers déconcertés. S’échinant sur les restes de la portières avant passager, la tordant presque avant qu’elle ne cède, arrachées du peu qui la retenait et par la force d’une détresse infinie, il ne fut heurté en aucun cas de ce qu’il vit alors. Essuyant ses prunelles du revers des manches de sa veste, toussant la fumée qui n’augurait rien de bon, il avisa les lambeaux de chair avec assiduité, veillant à ce qu’ils soient tous liés d’une façon ou d’une autre. Lorsqu’il fut bien certain de ce qu’il voyait, il parti dans une hilarité que le chaos environnant étouffa et entreprit méthodiquement de désincarcérer ce qui n’avait de corps que l’appellation.

Il extirpa ainsi ce qui aurait put être humanoïde un jour, une purée de peau et de muscles mélangés qu’il tenait plus précieusement qu’un nouveau né. Son égaiement morbide provoqua un regain d’abjection, badauds et observateurs hurlant plus fort face à l’atrocité dont ils étaient les spectateurs. Lui allongeait – étalait – la dépouille au sol, ce qui n’avait plus rien de tout ce qu’il aimait en ce monde provoquant révulsion et vomissement alentours.

Aux portes de la folie, Adam écarta les doigts et apposa ses paumes sur la carnation d’Emily.

° ° °

Né à Reykhavik au National University Hospital, l’année même qui vit Ronald Reagan et Mikhail Gorbatchev se rencontrer, le premier et unique bambin des Johannesson voit le jour sans complications et devint Adam sous les rires et les larmes de Harold et Astrid, ses bienheureux parents. Entouré du clan entier, haute famille à la tête de l’établissement prestigieux témoin de cet heureux événement, son premier cri est accueilli avec ferveur dans l’ensemble de la maternité. Le garçon est vif, quoique légèrement chétif, il respire la santé et ne manque guère d’énergie qu’il transmet de ses joies de poupon à la seule vu des siens ou des grimaces qu’on lui fait pour l’égayer. Gourmand et émerveillé pour un rien, il fait la joie de ses parents, oncles, tantes, cousins, cousines. Bien qu’occupé par leurs grandes responsabilités, père et mère refusent de prendre nourrisse et profitent de leur statu de propriétaire du centre de soins et de recherches afin de pouvoir voir grandir leur progéniture.

Il est ainsi choyé, et joue au son des machines de traitements et parmi les plus éminents praticiens du pays et leurs petits bras d’infirmiers et infirmières. Devenant très tôt comme une mascotte pour le batiment, il ne manque absolument de rien, aussi bien en terme de bébés de son age que de vigilants adultes qui surveillent ses petites escapades hors du couffin. C’est dans ce cadre idyllique qu’il grandit, tantôt au sein de la vaste propriété des Johannesson, en périphérie de la capitale et dans les hauts murs de l’hôpital universitaire national. On lui découvre une curiosité insatiable et une vivacité d’esprit rarissime, à la frontière de l’unique : sa logique est d’une précision d’horloger et ce qui possède un fonctionnement mathématique ou mécanique ne garde pas longtemps ses secrets si tant est qu’il en explore les bases auparavant. Il évite ainsi le circuit scolaire public et entame un cursus privé sous le regard des siens, sans se couper au monde pour autant, étant donné l’affluence en chercheurs et patients qu’il croise tout au long de son enfance.

Son aisance dans les sciences exactes est effarante et toute accumulation de savoir tient pour lui d’un jeu comparable à celui de petites voitures pour un autre enfant de son âge. À cinq ans, l’algèbre est une seconde langue pour le petit Adam, maîtrisant sans aucun mal les racines, les puissances et la lecture de nombres allant au-delà de vingt et un chiffres, tout ceci avec une simplicité déconcertante. C’est à peu de chose près durant cette même époque que l’on entend parler de l’île artificielle de Summerbridge et du programme de l’extravagant Maestro. La vie menée par les Johannesson n’a rien de pénible et malgré leurs fonds acquis sur les dividendes du centre de recherche et des dépôts de brevets scientifiques, ils sont très largement appréciés de la communauté mondiale et plus particulièrement celle de l’Islande.

Pour autant, leur décision est prise pour l’avenir même de leur précieuse progéniture car non content d’être pourvu d’incroyables facultés cognitives, ce fut en 1991 qu’un talent encore plus unique que son seul génie fut découvert au garçon. Car tout possesseur d’un intellect stupéfiant, il n’en restait pas moins un jeune bambin et au sein d’un établissement comme celui où il passait le plus clair de son temps, il était inévitable qu’il fut confronté aux plus terribles sévices que le corps puisse subir. Accidentés, blessés et mourant, on tenta de le préserver de ces êtres sur le déclins et dans la peine le plus possible, mais le fait tenait à l’impensable étant donné son esprit d’aventure et sa soif de connaissances.

Malgré leur vigilance, il se faufilait parfois, porté par son intérêt pour toutes choses. Trop puéril pour comprendre vraiment ce qu’étaient les meurtrissures, il rencontra bientôt souffrants et estropiés, invalides et mutilés, accidentés malheureux ou infirmes. Gamin enthousiaste, il fut d’excellente compagnie pour ceux qu’il sélectionnait un peu au petit bonheur la chance comme ses amis et ce fut l’un d’eux, un brave homme répondant au nom de Friðberg Aðalsteinsson, pilote de son état dont les yeux avaient étés écrasés au fond de ses orbites des suites d’un violent accident de moto dont il n’avait été que le spectateur lointain, qui fut à l’origine de l’éveil de l’aptitude d’Adam.

Le quadragénaire était passionnant pour le chérubin, sorti des plus hautes écoles, étonné de se voir répondre des formules plus complexes les unes que les autres et établir des théorèmes de son propre fait venant d’une voix si juvénile, l’aviateur se confia peu à peu à l’héritier des Johannesson. Il était loin d’être dupe de son état et savait que plus jamais il ne volerait et malgré son immaturité, le môme traduisit les propos comme une profonde détresse, le terme d’une vie qu’il lui était décrite et qui était ignorante de la suite à donner à sa propre voie. Surprenant le pauvre monsieur à son désespoir un jour et saisissant toute sa peine, la trouvant injuste au plus haut point, ce fut un caprice qui incarna le début de tout.

Décidant – non, refusant – que cela advienne, que Friðberg soit ainsi coupé de ses rêves, de sa passion et finissent par dépérir en se morfondant jusqu’à sa fin, Adam grimpa sur le lit du patient intrigué et fit la promesse au pilote qu’un jour, il serait le meilleur docteur du centre, du monde entier et qu’il rendrait sa vue à son copain. Tout à son engagement, il avait nonchalamment posé ses mains sur les bandages recouvrant l’insulte que représentait à ses sens l’ignominieuse blessure, son petit cœur tout à cette conviction extrême, une première protestation contre l’immonde providence. Si la surprise laissa s’échapper un cri intense à ce brave Mr. Aðalsteinsson et rameuta toute l’aile de l’hôpital tant il fut impressionnant, ce ne fut pas de douleur qu’il fut pris. La seule sensation consciente que les choses reprenaient leur place en lui, l’espace que ses globes oculaires occupaient avant le drame se remplissant à nouveau. On arracha Adam à son ami, sans savoir le fils de qui il s’agissait dans un premier temps, mais le pilote incomba aux aides soignantes de le laisser tranquille, son souffle entrecoupé de saccades de stupéfaction. Dans le silence qui suivit son opposition, il retira ses pansements, révélant le miracle à tous et riant-pleurant, ravi au plus haut point et hilare du fait de retrouver cette légère myopie à l’œil droit.

En ce temps, le projet du Maestro était encore jeune et le concept de mutation loin d’être vu sous les meilleures auspices. C’est ainsi que les Johannesson furent encouragés à déménager loin du pays, pour le seul bien-être de leur fils qu’ils ne cessèrent en rien d’aimer, bien certain qu’il était pourvu de la plus merveilleuse des capacités qui fut au monde, à la frontière même du divin. La famille s’intégra très vite au sein de la communauté de Summerbridge, plus rapidement encore dans les ordres médicaux où ils intégrèrent l’hôpital qui s’était construit sur l’île avec aisance. Il est bon de noter ici que Astrid préféra néanmoins ouvrir un centre spa plutôt que de poursuivre sa carrière de gestionnaire scientifique auprès de son époux dans l’établissement de médecine local. Harold, lui, étudiait avec précaution le talent de sa progéniture, bien certain qu’un tel prodige ne pouvait pas être gratuit, sans pour autant constater ni fatigue, ni contrecoup de quelque sorte que ce soit sur son bambin.

Le jour où l’évidence que tout était question d’échange équivalent arriva alors et il fallut rendre grâce à la prudence du père aimant lorsque la chose survint. Car dans sa sagesse, le bon docteur n’avait laissé à son fils que le soin de petits bobos. Un jour, une fillette reçue à l’hôpital ayant été agressée par un fou qui avait marqué son front d’un symbole en croix sans réelle signification fut ainsi soignée par le pouvoir d’Adam et son visage purifié de toute marques. À sa sortie cependant, le psychopathe tortionnaire lui retomba dessus, réitérant son acte sadique avant de la laisser s’échapper de nouveau. Lors d’un repas en famille, le petit Johannesson avait été prit d’atroces tourments sous le regard horrifié de ses parents au même instant et sur le haut de son visage, au dessus de ses yeux, il fut à son tour marqué de manière identique. D’autres cas se présentèrent, de petites coupures ou ecchymoses survenaient parfois de façon totalement erratiques et après une courte investigation, on retrouvait un ancien patient s’étant esquinté une seconde fois d’un mal égal à celui pour lequel il s’était présenté à l’hôpital et dont le pauvre gamin en était automatiquement la victime à son tour. Dès lors, il ne fut plus question pour Adam de réutiliser son incroyable pouvoir, tant le risque était grand pour lui et la vie reprit tranquillement son cours dans le cadre idyllique offert par l’île.

Au milieu des êtres parfois fantastiques que comptait Summerbridge, Adam passa rapidement inaperçu pendant un temps. Mais on remarqua très vite sa vivacité d’esprit et le projet du Maestro possédait un cursus rêvé pour accompagner un tel intellect, nourrissant ce dernier avec mesure afin de ne pas le voir devenir boulimique et de finir par perdre pieds, comme de nombreux génies en herbes finissaient par être les victimes. Sans cesse émerveillé, toujours contemplatif, rien n’était trop ennuyeux ou complexe, à terme, pour la précision que son cerveau était capable de déployer. Il trouvait de la beauté en tout et tous. Mais ce fut au souffle de sa dixième bougie que son univers bascula.

C’est au détour d’un bac à sable au sein du ravissant parc du centre-ville que l’enfant déclarera à sa mère avoir vu un ange en la personne de la petite Emily Copperspoon, en toute innocence. Charmés, les parents de la jeune fille, alors âgée de cinq ans et venant tout juste de débarquer sur l’île, furent ravis de nouer des liens d’amitié avec les Johannesson, chacun ayant connus les travaux des autres. Quand bien même elle n’était qu’à la moitié de la vie qu’il avait vécu, il n’y eut plus personne de plus important pour lui que cette ravissante gamine aux cheveux d’argent et aux yeux du bleu de tout les paradoxes, selon ses propres termes. Car il trouvait impossible que ces prunelles puissent être aussi profonde que l’océan en étant plus claires que les cieux. Ils grandirent ainsi côtes à côtes, d’abord pour le seul plaisir du jeu, ensuite pour bien d’autres intérêts communs. Ainsi la chance voulu que l’anglaise de naissance fut pourvue d’une tête fort bien meublée en plus d’être joliment agencée. Et aussi horrifiant cela pouvait être pour des témoins de leurs discussions, on les vit très bientôt rire aux éclats à propos de domaines bien trop complexes et sérieux pour des enfants de leur âge.

Ils s’alimentaient et s’émulaient l’un l’autre, leur amitié dépourvue de la plus petite faille, leur sentiment mutant progressivement à la mesure du temps qui passe. D’abord Adam considéra-t-il Emily comme une petite sœur et ce fut réciproque. À quinze ans, tandis qu’elle n’en avait que dix, il passait la puberté, déjà détenteur de son doctorat de médecine et se préparait à se spécialiser en chirurgie. La sexualité lui passait bien au-dessus de la tête, la trouvant triviale, il poursuivit son petit bonhomme de chemin, se lança à l’escrime afin de remplir la charpente de son corps des meubles qu’elle méritait. Ce fut une révélation et un nouveau terrain sur lequel il excella, particulièrement au fleuret où l’exactitude était de mise. Au tir à l’arc aussi se plia-t-il et il y montra un talent hors du commun à son tour. L’adage un esprit sain dans un corps sain n’aurait pas pu mieux se démontrer qu’à la vue de ce jeune homme fringant à qui tout souriait.

Cependant, il y-avait bien des sujets sur lesquels il se trouvait malhabile, presque incapable. Si il savait parfaitement bien s’exprimer et ne cultivait aucune timidité, bien trop curieux pour cela, le cerveau humain était une énigme totale pour lui. Adam n’entendait rien de logique à la philosophie, à la rhétorique et à bon nombres d’arts abstrait, qu’on puisse passer des heures à les lui expliquer n’y changeait rien, le génie devenait un véritable ingénu alors, sous les rires moqueurs, mais loin d’être méchants, de sa meilleure amie. Sur ces points, on la voyait briller plus haut que lui, malgré leur écart en maturité, elle restait plus à même de comprendre l’instinct, les erreurs que l’Homme commettait durant la longue route de son histoire, plus humaine, finalement. Elle incarna bientôt son bouclier contre l’imprévisible, le hasard et à tout ce qui tenait du soudain.

Sa dix-huitième année révolue, l’héritier des Johannesson marchait sur une voie pavée de diamant, ses travaux participaient grandement à l’amélioration du train de vie déjà rêvé que les habitants de l’île pouvait avoir. Avec le soutien de Emily, il comprenait mieux les possibles infinis des capacités du genre humain, prévoyant même parfois le chemin qu’une mutation pouvait prendre chez un individu. Nourrit de connaissances de façon équilibré, il restait un vortex jamais satisfait, apprenait de tout et de tous. Il débuta ses voyages hors de l’île afin de partager au plus grand nombre les bienfaits de ses travaux, tout comme ses parents en moindre mesure.

Le premier jour d’été de juillet, à un colloque organisé à Barcelone où des sommités du monde entier étaient invitées pour l’entendre traiter d’un traitement révolutionnaire permettant la régénérescence musculaire à des stades encore considérés comme critiques, voir désespérés, il souhaita Harold et Astrid à ses côtés. En escale à Moscou, ses géniteurs montent dans un tupolev TU-154M de la compagnie Bashkirian Airlines afin de rejoindre l’Espagne, accompagnant ainsi cinquante deux bambins russes ayant remporté un voyage dans le Sud Ibérique. À 21 heure 35 minutse et 32 secondes en temps universel coordonné, près d'Überlingen et du lac de Constance en Allemagne, le jet percute en plein ciel le vol 611 de la DLH, un boeing 757-23APF à destination de Bruxelles des suites d’une série malheureuses d’erreurs humaines. C’est au milieu de son discours que Adam est prévenu du drame, coupant court à ce qui aurait pu être un nouvel élan dans la médecine mondiale en terme de reconstitution physique.

Rentrant à Summerbridge après avoir dû reconnaître des fragments de ce qui restait de ses parents, il sombre dans la dépression, abandonnant son métier de chercheur et les équipes qu’il avait accompagné et vu grandir jusque là. Du haut de son adolescence tout juste entamée, c’est Emily qui se fait un devoir de le soutenir dans cette perte tragique, refusant de le laisser seul un instant, au point de subir parfois une ire qu’elle ne mérite pas d’un Adam transformé. Le travail est long, usant, les bas sont plus nombreux que les hauts, mais ce n’est que grâce à la pugnacité de l’anglaise et son indéfectible affection qu’elle parvient à extirper le jeune homme de l’abandon auquel il faillit se livrer. Leur lien s’intensifie, ils s’annoncent les meilleurs amis qui soient et il redevient peu à peu l’être solaire qu’il avait été avant la tragédie. Alors au fond de lui, les choses changent, il voit la femme qu’elle devient, ce qu’elle lui a apporté et déjà son cœur lui appartient, mais il reste coi à ce propos, ne voulant en aucun cas trahir leur amitié et risquer de la perdre définitivement.

Pourtant et deux ans plus tard, des suites d’un jeu qui durait entre eux depuis ses douze bougies et la septième de l’héritière des Copperspoon, où il avait répondu oui à une demande infantile de la petite Emily de sept années alors concernant le fait qu’il dû accepter le gage d’être son amoureux, il se déclara ouvertement. Le fait ne fut qu’une formalité pour eux et une évidence pour leur entourage et c’est ensemble qu’ils découvrirent une nouvelle compréhension de l’autre, une connivence qu’ils n’avaient partagés avec personne d’autre dont ils parcoururent le chemin avec précaution, curiosité, mais non sans avidité. Dès lors et malgré ses capacités, Adam choisit la voie de l’enseignement plutôt que celle de la recherche afin de pouvoir rester au plus près d’Emily.

Si son entrée à l’Université au rang de professeur en médecine fut accueillit avec circonspection, certains élèves se trouvant plus âgés qu’il ne l’était alors, il ne lui fallut qu’un an de preuves et d’une pédagogie de patience et d’écoute pour se faire pleinement accepter. Il ne se lassait cependant pas d’apprendre, choisissant la voie des livres déjà écrits au lieu de la recherche, bâtissant ses théories pour lui-même, réfutant en silence et en souriant les plus complexes formules de penseurs qui s’étaient trompés de peu. Bien que poursuivant un cursus qui lui ressemblait plus à elle, l’ironie amusante voulue qu’il soit un temps l’un des enseignants de son amante d’anglaise. Ce fut autant une cause de disputes entre eux (débutées et terminées par Emily, car Adam était loin d’affectionner le conflit avec elle, bien moins fort en caractère) que de divertissements tout personnels.

Lors du vingt-cinquième anniversaire de l’islandais de naissance, la belle lui offrit un nouveau livre dont la reliure exceptionnelle à elle seule lui coupa le souffle, tant et si bien qu’il fallut qu’elle lui colle l’ouvrage entre les mains pour qu’il ose enfin toucher sa chasse, sa garde blanche et effleurer son signet. Quelle ne fut pas sa surprise alors qu’il se rendit compte que le volume ne possédait pas de titre ! Interrogeant sa tendre d’un regard curieux, celle-ci ne daignant pas sourciller le moindre petit indice, il fut contraint d’ouvrir l’objet. Son étonnement s’en allait crescendo tandis qu’il découvrait que ses pages étaient immaculées. En silence et dans l’incompréhension, il en passa des pans entiers, le fait que sa compagne ne le raille pas, comme il aurait attendu d’elle si il se fut agit d’une farce, ajouta à l’incongruité de la situation. Ce ne fut que lorsqu’il parvint au centre du bouquin que quelque chose en glissa et tomba sur ses genoux pour finir au sol. Son attention portée à son paroxysme, il ramassa ce qui avait tout l’air d’être un anneau, le levant jusqu’à ses yeux avant de les écarquiller pour les replonger finalement sur les traits de sa dulcinée. Face au minois rougissant qu’elle lui offrit alors, il ne put lui répondre que par l’affirmative, comme il l’avait fait autrefois par jeu, exception faite qu’il n’aurait pu être plus sincère à cet instant.

° ° °

Ce sont ces traits qu’il retrouve en la regardant assoupie. Il s’était effondré après son apposition et alors que jamais son don ne lui avait provoqué une perte de connaissance, il avait perdu connaissance. En aucun cas n’avait-il eut à subir quoique ce soit dans l’instant du refus d’une blessure. Mais alors qu’il se tenait face à elle, endormie, il se souvint que ce n’était pas un simple mal qu’il avait expurgé, pas une estafilade, non, ni une ecchymose. Elle était morte et ne l’était plus. Le prix à payer pour cela, outre le noir dans lequel cela l’eut plongé, lui fut évident. Mais à cette idée, il ne peut que sourire franchement, sincèrement : Mourir avec elle, le jour où elle s’éteindrait, c’était là le plus beau cadeau que la providence aurait pu lui faire, lui qui avait le pouvoir de la défier.

Ainsi resta-t-il à son chevet, radieux, plus heureux que jamais, à la dévisager, plus belle qu’au premier jour. Quand bien même ne se réveillait-elle pas durant des jours, les scanners étaient clairs : elle était sauvée, intacte, comme si l’accident n’était jamais arrivé. Ce qui était le cas : Il n’avait pas accepté la chose et ce qui s’était produit n’était plus. C’était là toute l’étendue de son don, si bien qu’il en eut le vertige et dû aller se passer de l’eau sur les joues. Il fut alors prit d’un pressentiment soudain qui lui fit retourner à la chambre de la patiente à toute vitesse et il manqua de s’épancher en larmes de joie lorsqu’il la constata éveillée.

Mais si haute sa liesse fut-elle.

Si fort son cœur avait-il battu son rythme effréné.

Ce qu’il vit dans les prunelles entourant ces iris azurés tant aimés, le reflet qu’il constata alors qu’il lui parlait, répondait aux questions craintives qu’elle lui posait sur sa santé et les raisons qui l’avaient vu échouer dans ce lit…

… Il n’était plus là. Dans ces yeux qu’il ne voyait que trop rarement, à cause de ce don qu’elle possédait et qu’elle s’interdisait, comme lui même l’avait fait jusqu’à ce jour où il l’eut ressuscitée, il était absent. Aucun autre que lui ne connaissait l’expression qu’elle pouvait avoir parfois en l’avisant, pensant qu’il ne se rendait pas compte être ainsi dévoré par les flammes de ses iris océan. Ce feu n’était plus, comme n’ayant jamais existé. Mécaniquement, logiquement, il comprit. Tout était question d’échange et d’équivalence, rien ne se perdait, tout se transformait. Évinçant jusqu’à la mort même, créant un lien inaltérable entre eux qui ne pourrait se détacher qu’au trépas de l’un, le prix à payer était plus clair que de l’eau de roche. Elle l’avait oublié.

Et avec la mémoire volée d’Emily à propos de leur amour, de son existence même à son regard, très certain qu’il ne s’agissait pas d’une simple amnésie, le cœur d’Adam mourut à son tour. Et tout à ses conseils pragmatiques, déshumanisé dans sa voix de praticien pour une malade lambda, il s’effrita, se morcela, sa lumière s’éteignant, son sourire disparaissant.

Puis il quitta la pièce pour ne plus y retourner. Et pour le décès de son âme, Adam fut très sûr que son don ne lui serait d’aucun secours.
Derrière l'écran
Pseudo : Kel
Âge : niveau 34
Avis sur le forum : Si j’affectionne plus les designs sombres et moins chamarrés d’habitude, j’ai, dès mon premier contact avec le forum, apprécié la patine qui en couvrait les inestimables textes. Son trajet pour le débutant que je suis fut l’un des plus clair, concis, précis qu’il m’ait été donné de vivre en quelques années d’expérience autour du concept de roleplay textuel. Le choix même des kits usités par la communauté l’habitant sont un plaisir constant pour le regard et je n’ai que rarement vu, sinon jamais, une telle cohérence dans ces derniers vis à vis de l’univers proposé. Le contexte aurait pu se noyer dans la masse des idées lycée-pouvoirs que compte le monde du RP, mais il n’en est rien, car aucun à ce jour ne m’a révélé sa profondeur aussi simplement que celui de Tasty tales.
Tu nous a connu comment ? Ce fut par un bienheureux partenariat que j’ai pu apprécier une première fois ce monde. Puis vint le concours interforum, auquel j’ai participé un peu à la hâte et n’ait pas pu rendre gloire à l’initiative et à la qualité de ce qui me fut opposé. Au terme d’un chemin de croix, errant sur le grand web au final, la décision de m’installer ici fut prise, tel un caprice et non sans une certaine coordination (wink wonk Emily).
Mot de la fin : Merci.

Code:
[b]Professeur de médecine et adjoint à l’infirmerie[/b] • A l'Université ▬ [i]Adam Johannesson[/i]
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[b]Neitun[/b] • Adam possède le don de refuser purement et simplement les blessures physiques. Des modiques aux plus dramatiques, il annule jusqu’à l’irréparable avec quelques limites : sa capacité ne lui permet pas de greffer à nouveau un membre totalement arraché à un corps et il ne peut rien contre les bactéries, les virus ou la vieillesse. La contrepartie survient lorsque son patient subit une seconde fois le trauma : Adam en subira les même conséquences dans l’instant. ▬ [i]Adam Johannesson[/i]
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Chrollo Lucifer • Hunter x Hunter ▬ [i]Adam Johannesson[/i]



Dernière édition par Adam Johannesson le Sam 18 Aoû - 20:41, édité 1 fois
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Re: Adam Johannesson ‡ Le prix d'une vie.

le Ven 17 Aoû - 23:26
Bienvenue Adam
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Re: Adam Johannesson ‡ Le prix d'une vie.

le Sam 18 Aoû - 1:58
Bienvenue o/
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Re: Adam Johannesson ‡ Le prix d'une vie.

le Sam 18 Aoû - 11:31
Bienvenue !
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Re: Adam Johannesson ‡ Le prix d'une vie.

le Sam 18 Aoû - 19:34
Bienvenue !
Je viens m'occuper de ta fiche. Pour le pouvoir rien à redire comme on en a parlé au sein du staff. Pour l'histoire par contre c'est une autre histoire, une thèse à 9 ans ou encore 2 doctorat à 15 ans sachant que ça demande 8 ans d'études... Et surtout partir sur un autre ? Ca me parait un peu abusé. Encore un doctorat, un seul, à 15 ans, pourquoi pas, mais pas de thèse ou trois doctorat, à mon avis. Le fait que l'algèbre soit déjà dans ses connaissances me gêne un peu aussi mais vu l'environnement où il a grandit et son intelligence ça peut passer.

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Re: Adam Johannesson ‡ Le prix d'une vie.

le Sam 18 Aoû - 20:48
Merci à vous de vous être penché sur le cas d'Adam et d'autant plus sur votre pertinence.

Je me suis grandement documenté pour savoir ce que le monde comptait comme extraterrestres des études et je m'y suis collé, pensant que ça apporterait quelque chose. Mais il s'avère qu'en tronquant les parties incriminées, ça n'ôtait rien à l'histoire de mon personnage, mieux, ça la rendait plus cohérente au vu du travail qu'il accompli dorénavant pour l'île. Ainsi, navré de m'être laissé emporté dans la grandiloquence, d'autant plus qu'elle était inutile. J'ai donc laissé l'algèbre qui illustrait bien le côté logique et le doctorat (unique, cette fois) en médecine, du coup, passé ses 15 ans, je pense que c'est plus que suffisant pour démontrer comment est conçu Adam.

Désolé de ne pas avoir su taper dans le mille et j'espère que les corrections apportées vous satisferont.
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Re: Adam Johannesson ‡ Le prix d'une vie.

le Sam 18 Aoû - 21:18

- CONGRATS DUDE -

T'es validé ! C'est t'y pas magnifique ? C'est le moment de te jeter dans le grand bain et de commencer ton aventure sur le forum ! Pour que tu sois pas tout perdu et que tu cherches pas pendant 10 ans où tu dois aller, on te met des petits liens juste là :
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