♫ ~ Voteland
What the hell ?
Un fondateur qui disparaît pour laisser place à un grand groupe alors que les foyers sont remués de toute part... On rénove, on modifie, on efface et on change. Tout semble se précipiter depuis que la tête pensante a changé.
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► 30.11.2017 : refonte du forum
► 31.10.2017 : event Halloween
► 16.10.2017 : Arizona devient admine !
► 02.10.2017 : event intrigue no. 2
► 02.09.2017 : changement de thème et recensement no.5
► 29.07.2017 : événement intrigue no. 1
► 11.07.2017 : des améliorations et changements
► 23.06.2017 : des petites nouveautés
19.06.2017 : recensement no.4 en cours !
► 01.06.2017 : un nouveau thème et pleins de surprises
► 11.04.2017 : résultats du recrutement annoncés + nouveau thème
23.03.2017 : recensement no.3 en cours !
► 04.02.2017 : maintenance no.7
► 17.01.2017 : remaniement des sections RP
► 06.01.2017 : concours pour les un ans du forum !
► 02.01.2017 : des nouveautés CB et navigation !
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► 03.12.2016 : Azoth Aegnor devient admine !
► 01.12.2016 : la PA change de tête, oui j'en avais marre huhu **
► 29.09.2016 : maintenance no.5
► 28.09.2016 : fin du recensement no.2
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► 17.07.2016 : fin de maintenance no.4
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Fonda • Andante
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Andante - Léas J. Martel [Triplojoude]

le Ven 24 Nov - 20:27


Léas Jules Martel
Andante

18 ans ᵜᴥ 13 juillet, hé ouais ᵜᴥ 1, 55 mètre ᵜᴥ ♂, mais aussi un peu ♀ par moment... et totalement asexuel sur les bords larges ᵜᴥ Iris rouges, merci l'albinisme et le don ᵜᴥ blaaaaaaaaaancs. Mais noirs aussi des fois, quand il a envie. Voilà. ᵜᴥ  Théâtre huhu ᵜᴥ Aaaaaaaaarts du cirque ᵜᴥ souriant ᵜᴥ jovial ᵜᴥ pile électrique ᵜᴥ bavard à ses heures ᵜᴥ expressif ᵜᴥ sans gêne ni tabou ᵜᴥ moralisateur quand ça le prend ᵜᴥ justicier dans l'âme ᵜᴥ petit con quand ça le chante ᵜᴥ amoureux des déguisements ᵜᴥ prend la vie comme elle vient ᵜᴥ spontané ᵜᴥ curieux ᵜᴥ envieux ᵜᴥ empathique ᵜᴥ tête de mule bonjouuur ~ ᵜᴥ fiable... mais très tête en l'air ᵜᴥ totalement oasif ᵜᴥ flemmard quand quelque chose ne lui plaît pas ᵜᴥ lunatique ᵜᴥ franc ᵜᴥ motivé et motivant quand passionné ᵜᴥ très cachotier sur ce qu'il vit vraiment ᵜᴥ gourmand compulsif, oui. Oui oui ᵜᴥ maladroit congénital

Mon pouvoir
Sur le fil. On peut faire un tas de trucs sur le fil. C'est ce que Léas vous dirait. il en a fait des choses sur le fil de sa vie, il en a vécu des trucs. Parfois fous, parfois chiants, parfois tragiques... Mais son don, il l'adore autant qu'il le déteste.

Ca a commencé vers ses 15 ans, quand sa créativité s'est retrouvée déviante... s'exprimant sur sa peau plutôt que dans des créations diverses et saines. Entre mutilations et passe-temps, fil et anguille sont venus tracer des lignes sur sa peau porcelaine. Et ces fils... sont ses outils préférés.

Son psychisme lui permet d'user de télékinésie ciblée pour manipuler ces fameux fils rouges. Mais attention, il ne peux manipuler QUE ceux-ci. Sa télékinésie ne s'applique à rien d'autre. Ce que j'entends par manipulation ? Il peut choisir de défaire les points et ainsi d'utiliser le fil pour diverses utilisations... Ca peut être juste pour s'amuser avec, ou pour attraper des choses... mais si vous le mettez en colère...

Il se pourrait bien que cela se retourne contre vous. La strangulation, c'est douloureux, autant que les coupures que peuvent provoquer des fils aussi fins.

Et une fois qu'il a usé de son don ? Il ne lui reste plus qu'à recréer les dessins sur sa peau, lui-même. Dur revers de la médaille. Et si le fil vient à totalement quitter sa peau lorsqu'il le manipule, tout s'annule. Il doit donc veiller à la quantité qu'il met en scène et en jeu pour pouvoir l'utiliser à plus ou moins bon escient.
Mon histoire

CHAPITRE 1
Le commencement du début

Il était une fois, deux adultes consentants qui décidèrent, après un heureux mariage et un premier enfant, d’en faire un deuxième. Hé oui, l’aînée, Constance, ne leur suffisait plus. Le couple avait envie d’agrandir la famille. Vous devez certainement vous dire que je commence cette histoire en partant un peu vite e bourrique… Et bien vous n’avez pas totalement tort !

Je vous parle ici des parents du futur petit Léas à venir : Elise Martel (anciennement De Villiers) et Nicolas Martel. Ils vivaient une vie paisible et pleine de richesse dans la belle ville de Dijon. Ils possédaient d’ailleurs une maison en pierre blanche sur trois étages dans le centre-ville. C’était un endroit qu’ils chérissaient particulièrement pour l’architecture recherchée, épurée et… l’ambiance conviviale de la ville.

Vous l’aurez donc compris, notre histoire se passe en France, avec des français aux bons noms français, dans une ville bien… française avec de la moutarde tout aussi française. Elise avait rencontré Nicolas pendant leurs études de commerce. Vous savez… sans ces grandes écoles qui coûtent cher, qui sont privées, et dont la réputation n’est plus à faire.

Nicolas venait d’une famille plutôt… moyenne, il avait une bourse, un prêt sur le dos pour pouvoir réaliser son rêve et devenir un jour riche à plus savoir quoi en faire. Elise quand à elle était une petite bourgeoise parisienne qui avait migré à Dijon car c’était la seule école à bonne réputation qui l’intéressait. Son père possédait une entreprise, une très grosse entreprise, qui vendait des voitures de luxe à des gens très riches qui recherchaient quelque chose que les autres n’ont pas.

Forcément, mademoiselle était vouée à reprendre l’entreprise familiale un jour et était bien déterminée à tout faire pour ça. Nicolas lui et bien… il avait de l’ambition, c’était déjà ça. L’ambition de pouvoir réussir son diplôme et travailler dans un grand groupe, gravir les échelons, tout ça. Sauf que… les deux se sont rencontrés, et l’avenir de Monsieur Martel fut un peu chamboulé.

Ce fut le coup de foudre, m’voyez ? Ils se sont aimés au premier regard blablabla… rencards et compagnie… Puis une fois leur diplôme terminé, ils ont décidé de se marier, et de reprendre ensemble la tête de l’entreprise de Monsieur De Villiers (qui adorait son gendre, sachez-le). Les voilà qui pondent alors un premier mioche : Constance. Oui, c’est un nom de bourge on sait.

Constance mena une vie paisible pendant 4 ans. Une vie où elle était choyée, adorée, adulée, presque remerciée d’être née tous les jours de l’année. Sauf… sauf que le couple, comme je l’expliquais plus haut, voulu agrandir la tribu. Demoiselle Constance ne voyait pas cela d’un bon œil. Elle allait perdre son trône et ses privilèges, c’était certain ! Alors, même si elle n’avait que 4 ans, elle savait déjà que le futur bébé… elle n’allait pas beaucoup l’aimer.


CHAPITRE 2
Plus blanc que blanc

Ce qui devait arriver arriva, et Léas vit le jour. Oh, pas de chose dramatique ici, pas d’accouchement difficile. Tout s’était déroulé parfaitement, madame était en pleine forme et presque radieuse comme dans les films juste après son dur labeur. Les parents étaient toutefois un peu déçus que leur enfant chéri n’ait pas décidé de voir le jour le 14, mais plutôt le 13 juillet.

Fichtre ! Ils ne pourraient pas se vanter d’avoir un petit feu d’artifice à la maison ! Quel dommage. Mais… ce qui fut encore plus dommage, ce fut la tête des dits parents quand ils virent la tête de leur petit bébé : albinos. Blanc comme un cul des pieds à la tête, jusqu’aux tous petits cheveux qui voyaient le jour sur son crâne tout mou.

Horreur, malheur, l’enfant prodige, l’enfant qui était censé être encore plus parfait que la belle Constance et ses boucles brunes (sans parler de ses beaux yeux noisette) … se retrouvait avec une tare génétique qui n’allait pas lui faciliter la vie. L’annonce ne les avait vraiment pas réjouis, mais celle qui se réjouit bien vite de ce contre-temps… ce fut Constance.

On s’en occupait de ce bébé, on l’aimait mais… on le regardait étrangement. Avec une sorte de fascination et de peur, notamment pour ces yeux aux allures mauves, rougeâtres, qui dévoraient le monde avec une curiosité non dissimulée. On se demandait ce qui allait bien pouvoir advenir d’une créature avec une faiblesse telle qu’elle le rendait absolument fragile.

La petite Constance n’avait donc pas perdu sa place, mais elle se frottait déjà les mains de pouvoirs enquiquiner celui qui occupait une partie du temps de ses parents dans un futur proche. Faire de sa vie un petit enfer, ça allait être tellement amusant ! Remarquez… il n’y a pas de quoi être choqué. C’est quelque chose de parfaitement normal pour un enfant que l’on a élevé dans l’idée de toujours dévorer les autres et leur place pour être au sommet.


CHAPITRE 3
Chaos et merveilles

L’enfance du jeune Léas fut parsemée de… moments incroyables ponctués d’actions de sa sœur pour lui rendre la vie impossible. Jouets volés, cassés, abîmés, affaires cachées, dessins déchirés… Tout était bon pour pouvoir déclencher les hurlements du dernier né, et le voir se faire gronder par ses parents qui pensaient qu’il n’était bon qu’à hurler tout le temps.

Allez faire comprendre à votre famille, alors que vous n’avez que 3-4 ans, que c’est votre démoniaque sœur qui est responsable de vos maux. Allez leur expliquer que le tumulte des émotions et de la frustration sous votre crâne n’est pas possible à contrôler quand vous êtes haut comme trois pommes. Et bien évidemment, il en était de même pour leur baby-sitter qui était devenue presque allergique au petit albinos tant elle détestait l’entendre pleurer.

Une fois qu’il entra à l’école, ce n’était pas franchement beaucoup mieux. Disons qu’il n’avait pas vraiment de mal à se faire des amis comme il n’était pas timide pour un sou. Il allait extrêmement facilement vers les gens. Souriant, dynamique, plein de créativité… il se retrouvait rapidement bien entouré, mais malheureusement pas pour longtemps. En général, et surtout en grandissant, les enfants se retrouvaient vite lassés de Léas.

Sa tendance à être une vraie pile électrique lui faisait souvent endosser le rôle de petit chef malgré lui. Il imposait un peu trop sa présence et ses idées aux autres sans s’en rendre compte. Il recherchait désespérément de l’attention et de la compagnie, l’amour des autres pour pallier à la solitude qui pouvait régner chez lui quand il se retrouvait seul avec sa sœur à présent adolescente.

Ce n’était plus seule que Constance œuvrait maintenant, mais avec ses amis aussi cons qu’elle. Tête dans les toilettes, chambre saccagée, photos humiliantes… Il avait à peu près droit à toutes ces joyeusetés mais n’en perdait pas moins son sourire. Il ne voulait pas devenir mauvais, le petit Léas. Il ne voulait pas perdre sa jolie vision du monde. Et, s’il ne comprenait pas sa sœur, il restait relativement indifférent à son comportement.


CHAPITRE 4
Féminité interdite

Léas, en dehors de son excentricité génétique, était un personnage ambigu. S’il savait pertinemment être un garçon, et apprécier ce fait… Il avait toujours adoré et envié les filles. Leurs cheveux, leurs robes… leurs manières et leur liberté de pouvoir s’exprimer à 100% librement. Il était fasciné par ça, et avait commencé assez jeune à utiliser les anciens vêtements de sa sœur pour s’habiller parfois.

Androgyne à souhait, il n’avait aucun mal à passer pour une fille. Il prenait ça comme un véritable jeu, il adorait voir le visage perplexe des gens ou de ses camarades. Il s’était mis à acheter des robes, toutes plus extravagantes les unes que les autres. Mais aussi à collectionner les perruques diverses et variées. Même si ses préférées restaient celles qui étaient immaculées, comme sa crinière à lui. Crinière qu’il avait laissé pousser dans un carré qui encadrait son petit visage juvénile, et duquel rebiquaient quelques mèches rebelles.

Qu’il soit garçon ou fille, il portait toujours des barrettes rouges dans ses mèches blanches. Dont 5 sur la mèche qui barrait son front, représentant le nombre 13. Il aimait ce nombre, jour de sa naissance. Il considérait cela comme son porte bonheur. Il l’utilisait d’ailleurs énormément pour créer toutes sortes de choses : sculptures, dessins, peintures, vêtements pour des poupées… Tout était bon pour laisser libre cours à son amour du bricolage, y compris les après-midi à créer de véritables œuvres d'art sur ses ongles.

La seule qui acceptait vraiment le fait qu'il soit aussi excentrique... C'était son amie Calypso. Ils se connaissaient depuis quelques années maintenant, et prenaient plaisir à se pomponner ensemble. Cela peut sembler un peu stupide à dire ou à lire comme ça, mais pourtant, c'était une pure bouffée d'oxygène pour Léas. Un peu le seul moment où il n'était pas obligé de se forcer à tout prendre pour un jeu dans les regards et moqueries des autres... les seules moments où il était 100% lui-même.


CHAPITRE 5
Chute brutale

Tout aurait pu continuer ainsi encore un moment... Au final, il arrivait à trouver son équilibre grâce à la relation qu'il avait avec Calypso. Il y trouvait son compte au milieu de l'absence de ses parents, du mépris des autres et des tortures de sa soeur. Mais une vie sans péripétie, ce n'est pas aussi drôle non ?

C'était un jour de lycée comme les autres. Il venait de commencer sa seconde, depuis 3 mois exactement. Au fur et à mesure qu'il s'était intégré, il s'était laissé aller à porter ses robes et perruques les jours où il avait besoin de se donner du courage. Et certains ne s'étaient pas privés de le remarquer.

C'était d'abord des messes-basses, des regards en quoi et moqueries silencieuses. On l'observait, mais Léas avait tellement l'habitude qu'il n'y faisait pas vraiment attention, il continuait sa petite vie comme si de rien n'était et les laissait dans leur quoi.

Sauf que le groupe de cinq garçons de terminale n'allaient pas laisser les choses s’arrêter ici. Un jour, alors que l'albinos marchait dans les couloirs paisiblement, de sa démarche sautillante, chantonnant... Il se fit happer et traîner dans les toilettes du dernier étage. Il avait tenté de se débattre... mais un minimoy de 15 ans maigrelet ne faisait pas le trois contre des types à la testostérone débordante.

On garda la porte, l'enferma à l'intérieur, et déchira ses vêtements. Vulnérable, on le tint pendant que chacun faisait son affaire tour à tour. Répétant des phrases comme : "Ah tu veux être une fille ? Et ben assume jusqu'au bout, p'tit con. Tapette va..."

Léas avait d'abord pleuré, tremblé, tenté de s'enfuir. Et très vite, quand il vit que ça ne servait à rien, il abandonna et resta là. Son regard était vide, son teint livide, on aurait dit qu'il n'était plus vraiment là. Et pourtant, quand on le laissa seul, souillé et dénudé dans cette pièce... il resta en boule dans un coin pendant de longues minutes.

Le plus dur fut de réussir à trouver l'énergie de bouger, de ramasser ses vêtements troués pour les enfiler comme il pouvait... Et de sortir de son lycée pour rentrer chez lui. Il choisit de faire la route à pieds pour tenter d'évacuer de sa tête ce qui venait de se produire. Il le savait au fond, plus rien ne serait plus jamais comme avant après ça.


CHAPITRE 5
Virage rapide

Léas ne parla à personne de ce qui s'était passé. Pas même à son amie Calypso. Pourquoi ? Parce qu'il avait honte, déjà. Et ensuite parce qu'il entendait déjà venir des réflexions du type : "Ca t'apprendra à te prendre pour ce que tu n'es pas." ou encore : "J'espère que ça te servira de leçon."

D'abord, il fit semblant d'être malade pour éviter le lycée. Ce n'était pas bien difficile de jouer la comédie... pâle et cerné à force de nuit blanche, il ne parvenait plus non plus à avaler quoi que ce soit. Cela dura deux bonnes semaines durant lesquelles il passa la plus nette partie de son temps enfermé dans sa chambre.

Il avait tenté de créer pendant cette période, de dessiner, de peindre ses ongles, mais rien à faire. Rien ne venait, il se sentait totalement vide et perdu. Ce fut le jour où il essaya de faire un peu de couture qu'une aiguille plantée par mégarde dans son doigt lui donna une idée morbide...

Cette sensation, ce picotement, la perle de sang qui suivit, ça avait quelque chose de salvateur. Il ressentait enfin quelque chose, autre chose que ce vide insupportable. Il recommença à piquer, une fois... deux fois... avant de mettre son doigt en bouche pour en faire disparaître le rouge qui y perlait.

Un peu de fil se glissa dans l'aiguille, et ce fut avec un drôle de sourire, un peu malsain... qu'il se plaça devant sa glace et commença à coudre deux points sur sa lèvre inférieure. C'était douloureux, ça aurait pu être un supplice, mais ça s'était mué en totalement autre chose. Se faire mal pour se sentir vivant... voilà ce qui comptait.

Le lendemain, il décida de retourner en cours. Il redevint comme il avait toujours été : une pile électrique souriante et insouciante. C'était plus fort que lui, il était comme ça. Il avait vécu l'horreur et pourtant, son visage ne laissait rien transparaître. Sa famille le regarda étrangement avec sa lèvre gonflée et cousue, mais personne ne posa de question.

La réponse serait certainement trop effrayante, le silence était préférable. La journée de cours se passa normalement pour Léas : seul dans son coin à lire ou écouter de la musique, ignorant les chuchotements sur son retour et son allure encore maladive. Il recommença à s'habiller de ses belles robes, pourquoi changer pour des idiots ? Pourquoi céder à la peur ? Ca ne servait à rien.


CHAPITRE 6
A un doigt de la fin

Mademoiselle Constance en profitait avidement. Elle profitait de voir que son cadet se cousait la peau pour le taquiner, l’embêter, lui dire qu’il ferait mieux de mourir plutôt que de faire des choses stupides… Léas ignorait ses paroles. Il la fixait simplement, et riait parfois. Jaune, noir… ou pas. Tout dépendait des jours.

Ses nerfs s’usaient sans qu’il ne s’en rende vraiment compte. La fatigue de ses cauchemars s’accumulait, tout comme celle de la douleur provoquée par les nombreux points qui parcouraient à présent sa peau. Tout son bras droit était rempli de torsades, de petites croix rouges qui créaient un motif en colimaçon. Chaque fois qu’il se sentait sale, chaque fois qu’il avait envie de vomir à cause de ses angoisses…

L’aiguille trouvait le fil et sa peau ensuite pour s’apaiser, se concentrer sur autre chose. Il s’était promis que jamais il n’aimerait. Que les autres, hommes comme femmes n’étaient que des bêtes qui ne pensaient qu’à se reproduire et n’acceptaient pas ce qui pouvait être différent. S’il s’était toujours senti à l’aise tel qu’il l’était… l’incident du lycée avait fait naître en lui une part de mal-être indélébile, constante et insidieuse.

Et un soir… alors qu’il ne parvenait pas à trouver la tranquillité qu’il méritait après une journée de harcèlement dans son école, sa sœur dépassa les bornes. L’albinos s’était levé et avait voulu chercher sa trousse de couture dans le tiroir de son bureau, mais ne l’y trouva pas. Elle avait tout bonnement disparu. Il se mit à chercher partout, à retourner sa chambre pour finalement abandonner.

Assis par terre en tailleur, la tête basse, larmes coulant sur ses joues, ses mains tremblaient à n’en plus finir. Il avait besoin de passer son angoisse, il avait besoin de s’adonner à son passe-temps morbide. On toqua à la porte, il releva la tête et observa sa sœur dans l’encadrement de la porte. Elle lui jeta quelque chose, et il ne lui fallut pas longtemps pour réaliser qu’il s’agissait de sa petite trousse.

Trouée, cisaillée, brûlée par endroits… Léas osa l’ouvrir lentement pour voir s’il pouvait trouver de quoi faire… Mais il n’y trouva que des bobines vides, et un amas de fils totalement emmêlés et impossibles à défaire. Ses aiguilles étaient tordues ou brisées, tout comme les épingles. Il fixa sa sœur de ses billes rouges avec la bouche légèrement entrouverte.

C’était trop.

Elle ne lui avait jamais… ô grand jamais foutu la paix. Il n’avait jamais rien fait pour qu’elle s’en prenne à lui de cette façon. Il était toujours resté dans son coin, il avait toujours fait sa vie en la laissant de côté… Mais pourtant… elle continuait de s’acharner contre lui. Pire que ça, le sort continuait de s’acharner contre lui.

Et là, là c’était la goutte d’eau. Elle lui avait enlevé ce qui lui permettait de se vider la tête et de reprendre pied. Elle lui avait enlevé ce qui lui évitait de repenser à son cauchemar. Elle lui avait enlevé la seule chose qui lui rappelait qu’il était encore en vie, capable de ressentir. Alors, il jeta à côté de lui sa trousse dans un geste rageur et poussa un hurlement aigu avant de se ruer sur sa sœur.

En furie, il commença par enfoncer ses dents dans son bras, lui tirant les cheveux. C’était à la fois… tragique et presque comique. Constance criait, hurlait à son tour et Léas la griffait aussi fort qu’il pouvait. Il voulait lui faire mal, il voulait l’écorcher comme elle l’avait fait avec lui et son mental. Il voulait qu’elle souffre, qu’elle en bave comme lui. Qu’elle puisse ressentir toute la douleur qu’il avait accumulé depuis des années à cause d’elle, à cause des autres.

Les parents finirent par intervenir, alertés par les cris. L’albinos sentit qu’on l’agrippait par les cheveux pour lâcher son aînée. Il s’écarta en grimaçant, larmoyant et fut projeté au sol. On se dépêcha d’aller voir comment se portait Constance qui pleurait bruyamment. L’heure des explications ne tarda par à arriver.

« Est-ce qu’on peut savoir ce qui se passe ici ? tonna monsieur Martel.
- C’est sa faute papa ! Il s’est jeté sur moi sans aucune raison. Il est complètement dingue…
- Quoi ?! Non ! C’est elle qui m’a provoqué ! Elle me provoque toujours. Elle a ruiné mes affaires.
- Vous n’allez quand même pas le croire… regardez dans quel état il m’a mise.
- Léas… dis-nous la vérité… supplia sa mère.
- Mais je vous dis la vérité ! Ouvrez les yeux à la fin !
- C’est toi qui t’es jeté sur moi Léas.
- C’est faux…
- C’est toi et tu le sais !
- C’est faux !
- Arrête de nier. C’est bien lui papa ! S’exclama-t-elle en pointant un doigt accusateur vers lui. »

La paupière inférieure de Léas fut agitée d’un spasme quand il vit le regard réprobateur de ses parents… et celui de sa sœur : rempli de fierté malsaine. Il se leva et s’approcha du petit trio :
« Je vous jure que… que je n’ai rien fait.
- Léas… commença le père,
- Tu mens, tout le temps ! Comme tu respires. Et en plus, tu ressembles à un monstre… Je me demande ce que tu fous dans cette famille… Cracha sa sœur, appuyant chaque mot de son index. »

Quelque chose se produisit alors, Léas sentit un élan de rage prendre le contrôle de son cerveau. Son regard était complètement… fou. Il ne bougeait pas, mais tremblait de tout son corps. Ses poings serrés, il ne fit pas attention à la douleur qui prenait soudainement son bras droit. Rapidement, un éclair rouge fendit jusqu’à son aînée. Autour de son doigt, le fil prit place.

Surprise, elle poussa un cri et tenta de retirer son index. Personne ne comprenait ce qui se passait alors, hormis que ce fil rouge était lié à Léas. Elle secouait sa main en gémissant et chouinant… Mais plus elle s’agitait, plus le lien se resserrait, plus la respiration de Léas était chaotique et sifflante.

« Léas, lâche-moi !
- Je ne te tiens pas.
- Arrête ça ! Lâche-moi !
- Je n’ai rien fait.
- Enlève ce truc de mon doigt, j’ai mal ! Lâche-moi !!
- Je ne te tiens PAS. »

Et sur ce pas tonitruant, le doigt déjà bleu de la demoiselle fut sectionné d’un coup. Le fil s’était resserré une ultime fois, brutalement, avec une force phénoménale. Le hurlement de la jeune femme résonna dans la résidence et au-delà, tout comme ceux de ses parents. Le pourpre se mit à couler, et Léas sursauta soudain, revenant à lui. Le coton fin était détaché de son bras, retombé et inerte comme s’il n’avait jamais pris vie.

Du sang perlait des coutures défaites, mais il n’y faisait pas attention. Ses yeux étaient rivés sur sa sœur, tombée à genoux se tenait la main sur laquelle manquait un doigt. Sa mère paniquait, et tentait en même temps de calmer sa fille. Son père… son père le fusillait du regard et se mit à hurler sur l’albinos dont les larmes coulaient sur ses joues.

« Bon sang mais qu’est-ce que tu as fait ?! C’était quoi ça ? Léas ! Réponds ! »

Silence, il était incapable de parler. Il était incapable de mettre de l’ordre dans ses idées. Monsieur Martel abandonna, il se dirigea simplement vers lui et lui asséna une gifle monumentale. Léas se sentit vaciller sur le côté, se rattrapant de ses bras engourdis. Son père s’en alla rapidement, cherchant de quoi appeler les secours.

Les sirènes retentirent quelques minutes plus tard, on emmena la jeune femme et son doigt… le calme revint à la maison. L’albinos était toujours tout seul au milieu du couloir. A genoux, il fixait la flaque du sang de sa sœur sur le sol en essayant de remettre de l’ordre dans ses idées… pour finalement vomir le peu de choses qu’il avait mangé au repas du soir.


CHAPITRE 7
Fantôme

Transparent. C'est ainsi que Léas se sentit au sein de sa famille dès le retour de sa soeur de l'hôpital. Un doigt en moins, il ne pouvait s'empêcher de l'observer et de se sentir coupable. Encore une fois il se torturait, en perdait encore plus l'appétit. Il essayait de parler, de discuter, d'échanger... mais on l'ignorait simplement.

Finalement, Constance avait réussi ce qu'elle voulait depuis le début... Finalement, elle l'avait effacé du coeur de ceux qu'il aimait. Et Léas essayait désespérément de comprendre ce qui s'était produit ce soir-là. Il observait, passait ses doigts sur les fils rouges qui parcouraient sa peau et ne parvenait pas à une conclusion potable ni tangible.

Ce ne fut qu'une nuit, lorsqu'il fit un cauchemar, qu'il comprit tout ce qui s'était passé. Son père était là, près de lui, en furie. Il revivait ce moment où il avait sectionné le doigt de sa soeur, tremblait, suait dans son sommeil... Et son paternel, au lieu de le gifler, venait vers lui et se mettait à l'étrangler. Il suffoquait, l'air lui manquait... Il se débattait... Et au moment où il allait être trop tard, il se réveilla en sursaut.

Son cou était douloureux, il lui fallut un certain temps pour se rendre compte que du coton rouge était venu se serrer autour de celui-ci. Il passa ses doigts dessus, essaya de desserrer mais en vain. Il suivit le fil jusqu'à son bras qui saignait à nouveau un peu. Comment est-ce que c'était possible ? Une toux le prit et il grimaça. Il fallait qu'il se calme.

Une profonde inspiration qu'il retint quelques secondes fit ralentir son coeur... le lien autour de son cou se défit lentement. Léas rouvrit les yeux et observa le fil se mouvoir à la manière d'un être vivant, pour finalement retomber inerte sur son lit. Ses doigts fins vinrent se poser sur son cou. C'était donc ça.

C'était donc bien lui qui avait fait du mal à sa soeur. Il ne comprenait pas vraiment comment pouvoir gérer ça, il n'était même pas encore sûr que c'était bien réel... Lui, faire partie de ces détenteurs étranges dont on parle aux informations... Après tout, pourquoi pas ? Il était bizarre depuis longtemps. Il le savait... Alors un peu plus ou un peu moins...

La suite de sa scolarité au lycée se passa toujours de la même manière. Il s'enfonça un peu plus dans l'insomnie, la mutilation et la solitude pour pallier le vide qui s'était aussi installé dans son cercle familial à son égard. Il apprivoisa provisoirement son don, comprenant le lien qu'il pouvait y avoir entre ses angoisses et émotions, et sa capacité à utiliser ses sutures comme moyen d'expression.


CHAPITRE 8
Eloignement

18 ans, la majorité. Le moment pour Léas de choisir l'endroit où il allait pouvoir faire ses études supérieures ! Du moins... c'est ce qu'il avait cru. Il fut rapidement désillusionné quand ses parents le convoquèrent pour lui parler. Ca sentait mauvais... plus personne ne lui adressait la parole depuis 3 ans... Alors pourquoi maintenant ?

La réponse était toute trouvée : on allait l'envoyer faire des études loin. Très loin... sur une île en plein Pacifique dans une école avec d'autres "monstres" comme lui. Ce mot avait toujours le don de provoquer un rictus étrange sur le visage de l'albinos. Il n'avait visiblement pas le choix. Il allait se retrouver là-bas pour la rentrée et devrait faire avec et surtout... leur foutre la paix.

Bien. Parfait. Léas avait juste baissé les yeux pour regarder ses genoux. Silencieux, il n'avait même pas cherché à se défendre, à argumenter. Ici ou ailleurs, de toute façon il était seul... Alors pourquoi se prendre la tête ? Pourquoi se torturer ? Il partit quelques semaines plus tard et fit ses premières semaines de scolarité à l'Université comme il l'avait fait jusqu'ici : seul dans son coin.

Il observait, analysait, prenait des notes parfois... mais l'envie de parler à tous ces êtres aussi étranges que lui le démangeait sérieusement. Après deux mois, il était temps de faire le premier pas, il était temps de se retrouver et de vivre à nouveau. Il était temps d'être Léas, le vrai, comme il avait toujours voulu l'être.


Derrière l'écran
Babao ᵜ 25 ᵜ Cacaprout ᵜ #maturité

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Moderato
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Re: Andante - Léas J. Martel [Triplojoude]

le Ven 24 Nov - 21:20
Rien qu'avec le caractère et le don ( et le pseudo, j'avoue /PAN/ ), ça promet. XDD

Welcome home, sweet Jujude. *\O/*'

Hâte de lire ton histoire. *Q*'
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Admin • Andante
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Re: Andante - Léas J. Martel [Triplojoude]

le Sam 25 Nov - 13:51
Un Andante qui fait du théâtre et qui s’habille en fille MAIS QUI EST PLUS PETIT MOUHAHAHAHAH. J’aime, j’aime, j’aime!

▬ ● ● ● ▬

               
I hate you I love you
I hate that I love you
Don't want to, but I can't put
Nobody else above you

▬▬▬▬▬▬▬▬

Arte' la Déesse, par Drew ♥️ :



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Fonda • Andante
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Re: Andante - Léas J. Martel [Triplojoude]

le Sam 25 Nov - 14:32
BOIBOIIIISE !!

Arteeeeee : tu seras le mentor de mon perso
Il aura trop d'admiration pour toi

▬ ● ● ● ▬
• • • Whether I live or die, is no big deal.

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Allegro
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Re: Andante - Léas J. Martel [Triplojoude]

le Sam 2 Déc - 13:39
Bon choix d'avatar
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Fonda • Andante
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Re: Andante - Léas J. Martel [Triplojoude]

le Sam 2 Déc - 14:52
Tavussa

▬ ● ● ● ▬
• • • Whether I live or die, is no big deal.

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Re: Andante - Léas J. Martel [Triplojoude]

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