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 « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.

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Katrina M. Heikkinen
Vivace
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MessageSujet: « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.   Ven 12 Mai - 12:52



Katrina Mikaela Heikkinen
Vivace

24 ans ᵜᴥ 23 Octobre 1992 ᵜᴥ 1m74 ᵜᴥ ♀ ᵜᴥ Bleu très clair et elle déteste ça. ᵜᴥ Blond cendré cuivré. ᵜᴥ  Design graphique. ᵜᴥ Astronomie. ᵜᴥ Fière, à la limite de l'arrogance parfois. ᵜᴥ Attentionnée. ᵜᴥ Perfectionniste. ᵜᴥ Têtue. ᵜᴥ Paresseuse. ᵜᴥ Sarcastique. ᵜᴥ Secrète. ᵜᴥ Câline et pas qu'un peu. ᵜᴥ Loyale. ᵜᴥ Fougueuse. ᵜᴥ Colérique. ᵜᴥ Rancunière. ᵜᴥ Vulgaire quand elle s'énerve.
ᵜᴥ Légèrement violente avec ses affaires (elle fout sa chambre sens dessus dessous quand elle est énervée à défaut de foutre les personnes sens dessous dessous). ᵜᴥ Cachottière. ᵜᴥ Discrète. ᵜᴥ Légèrement lunatique. ᵜᴥ Généreuse. ᵜᴥ Patiente, mais ça dépend pourquoi. ᵜᴥ Cassante. ᵜᴥ Dévouée. ᵜᴥ Ambitieuse. ᵜᴥ Optimiste.

Handlink
Le pouvoir de Katrina tient sa source de l'encre incrustée dans sa peau et se manifeste de façon aussi physiquement désagréable (pour elle) que particulière. Du renard sur sa cuisse aux roses s'étendant de son épaule au reste de son bras, la finlandaise possède un nombre assez inattendu de tatouages qu'elle tend à aimer cacher et il vous faudra la déshabiller pour découvrir les multiples autres oeuvres d'art gravées sur son épiderme... À supposer qu'elles y soient.
« Handlink » est la contraction de handle (manipulation) et ink (encre), nom qu'elle a donné à son pouvoir lorsqu'elle eût compris à quoi il consistait et dont elle est assez fière, en vérité.
Capable de manipuler l'encre (uniquement noire) qui sillonne sa peau, Katrina peut littéralement la retirer de son épiderme pour lui donner d'autres formes et volumes à volonté. Mais pas sans prix.
Premièrement, la quantité d'encre qu'elle peut utiliser est parfaitement limitée à celle en sa possession. En outre elle ne peut ni en produire plus, ni en perdre. Deuxièmement, la douleur provoquée lui est horriblement désagréable à chaque fois qu'elle se risque à l'utiliser. Chaque tatouage qui reprend sa place sous sa peau lui fait aussi mal que la première fois où elle l'a expérimenté et est généralement succédé de la même période de cicatrisation incluant douleurs et démangeaisons... Qui s'allongent si elle s'amuse à utiliser son don un peu trop longtemps. En outre, elle ne l'utilise qu'en cas d'urgence, ou quand elle est d'humeur masochiste ce qui, qu'on se le dise, n'arrive que très rarement pour ne pas dire jamais.
Mon histoire
« J'aimais l'accent finnois qui traînait à la fin de ses mots, son sourire malicieux et sa façon particulière de se mordre la lèvre lorsqu'elle était contrariée. » Nate.


ENFANCE


- Pourquoi est-ce que tu as des dessins sur les bras ?

Eljas Heikkinen jeta un regard surpris à sa petite soeur.

- Ce sont des tatouages, Kate.

La fillette inclina doucement la tête, l'air visiblement décidée à lui poser vingt mille questions alors qu'elle se hissait un peu plus confortablement sur l’accoudoir, près de lui.
Elle aimait son frère. Beaucoup, vraiment beaucoup. Et elle aimait encore plus quand il répondait à toutes ses interrogations avec la même patience que celle qu’il avait à chaque fois même qu’il lui parlait.

- Qu’est-ce que tu veux savoir ?
- Pourquoi tu as ça ?
- Parce que j’aime ça.
- C’est tout ?
- Non.
- Non ?
- Non.

Katrina fît la moue, ses deux immenses yeux bleus brillants de contrariété alors qu’elle se glissait de l’accoudoir jusqu’à son frère pour doucement l’attraper. Il la faisait tourner en bourrique, elle le savait, le sourire amusé qui étirait ses lèvres le prouvait.

- Alors pourquoi ?

Eljas laissa quelques secondes s’écouler, chercha dans le silence les mots pour expliquer, à une enfant de six ans, pourquoi il avait décidé de se faire tatouer.

- Parce que c’est un art comme un autre. Certaines personnes aiment l’écriture, d’autres la musique, d’autres encore le théâtre, là où moi j’aime le dessin. Plus encore, j’aime le corps humain, et toutes les choses magnifiques qu’on peut en retirer avec un peu d’encre et d’imagination. Je trouve ça fascinant et… J’aime les multiples significations que chaque personne peut apporter à un seul et même tatouage.

- Mh…

Katrina tourna doucement la tête, l’air de se désintéresser complètement de la conversation alors qu’elle observait paisiblement les flammes s’élevant dans l’âtre près duquel ils étaient installés. Elle ne comprenait qu’à moitié ce qu’il voulait dire, évidemment. L’essentiel était là, mais le côté psychologique de la chose lui échappait encore totalement et, pourtant, elle offrît un sourire absolument radieux à Eljas, lorsqu’elle se tourna de nouveau vers lui.

- Tu as compris ? lui demanda-t-il simplement quoique visiblement surpris.
- Non ! Mais j’en veux moi aussi !



ⱷⱷⱷ



Elle avait tout juste huit ans, lorsque son frère décida de quitter la maison pour s’envoler vers les États-Unis. Huit ans et la certitude ferme qu’elle irait le rejoindre, plus tard, afin de travailler avec lui dans le salon de tatouage qu’il comptait ouvrir en Californie.

Née au sein même d’une famille d’artistes, Katrina n’eût aucun mal à s’épanouir dans le dessin avec le soutien de ses deux parents quand bien même ils se vouaient eux-mêmes à deux domaines différents.
Son père aimait la musique, plus que tout, là où sa mère passait son temps à coucher ses mots et ses pensées sur du papier, à chaque fois qu’elle se sentait heureuse ou qu’elle avait besoin de s’évader.

Elle aimait dessiner des heures durant, bercée par la musique qui emplissait leur petite maison et par les récits grandiloquents de sa mère, qui ne manquait jamais de lui faire partager les aventures folles des personnages qu’elle s’amusait à inventer. Elle aimait chaque jour qui passait, tout simplement. L’école et les amis qu’elle y rencontrait, Skaði et son sourire aussi radieux que parfait, sa maison et sa chambre aux murs tapissés de tous les dessins qu’elle faisait. Tout. Elle avait absolument tout aimé.
Son enfance fût sûrement la période la plus parfaite de sa vie et lui arrive souvent, encore maintenant, d’avoir envie de retourner dans sa chambre, en Finlande, pour se perdre dans l’univers tout entier qu’elle s’y était elle-même créée. Juste pour s’échapper.



Adolescence.

Ne me demandez pas pourquoi je suis passée à la première personne. Le feeling, juste.


Je devais avoir à peu près quatorze ans quand Ska a accouché. Je savais qu’elle était enceinte, depuis le début. Elle était ma meilleure amie alors j’avais passé le plus clair de mon temps à la soutenir, quand c’était pas Leevi qui le faisait. Je m’attendais juste tout simplement pas à la façon dont c’est arrivé.

La clinique de Mehiläinen était située à environ une vingtaine de minutes de chez moi. Amplement le temps qu’il me fallait pour méchamment baliser quand j’ai appris que son bébé allait arriver. Amplement le temps qu’il me fallait pour sérieusement reconsidérer l’idée de me ronger les ongles alors que putain je détestais ça.
Le trajet m’avait presque paru interminable et j’avais du me faire violence pour ne pas demander à ma mère de la boucler quand elle essayait de me rassurer. Je n’étais pas spécialement de mauvaise humeur, juste… Terriblement inquiète, et ses tentatives de m’aider, quand bien même je les respectais, ne fonctionnaient absolument pas. Alors je m’étais gardée de tout commentaire jusqu’à arriver à la clinique avant de directement foncer vers la chambre où Skaði attendait supposément qu’on l'emmène en salle d’accouchement.

J’avais quatorze ans, seulement quatorze ans. Le ventre noué, la nausée et j’avais l’impression d’étouffer à chaque fois que je la touchais.

- Comment ça, le deuxième ? avait été la seule phrase que j’avais pu sortir juste après que son supposé unique bébé soit sorti de son ventre.

Moi ? Je restais à côté et j’aidais maladroitement Leevi à garder la température de Ska le plus bas possible. Évidemment, les infirmiers avaient gueulé, au début. Non j’avais pas le droit d’être là, oui je risquais de gêner, mais non j’aurais pas bougé. Et les petites flammèches qu’avaient craché les doigts de Skaði lors de la naissance de son fils avaient achevé de les convaincre de me foutre la paix. Alors j’étais restée, du début à la fin, et putain comme j’étais soulagée quand tout s’est terminé. Parce qu’elle allait bien, surtout. Mais aussi parce qu’elle et Leevi filaient vraiment l’amour parfait. Parce que leurs bébés étaient absolument magnifiques et parce que je me rendais compte que, quoiqu’il puisse nous arriver, jamais je n’aurais regretté d’avoir fait ce que j’ai fait pour elle, quand je l’ai vu sourire à ses bébés.

Après ça, le reste de mon adolescence s’est déroulée de façon plutôt banale. Comme mon enfance, en vérité. Skað avait deux jumeaux à gérer alors je lui fichais un peu la paix, sans pour autant m’éloigner, j’avais juste moins tendance à la fréquenter autant que je le faisais.

J’ai été au collège, puis au lycée, et les rares personnes que je rencontrais s’avéraient être autant d’amis qui restaient que d’espoirs qui s’en allaient.


ⱷⱷⱷ


- C’est moi ou t’as poussé, Kit Kat ?
- Arrête avec ce surnom ou je te fais manger tes cheveux, Eljas.

J’avais à peu près dix-sept ans. Mes vacances d’été s’écoulaient chaque année entre Finlande et Californie et autant dire que j’aurais vendu mon propre frère pour pouvoir rester un peu plus longtemps aux Etats-Unis.

- Maman et papa sont ok avec ça ?

J’avais juste opiné, les yeux rivés sur l’aiguille qui s’approchait de ma cuisse alors que mon frère se replaçait plus confortablement devant moi, sans me regarder. Il n’avait pas réellement changé. Toujours aussi blond, toujours aussi con. Mais je l’aimais, toujours autant, alors j’aimais les vacances que je passais dans son appart complètement pourri en Californie.

- Maman m’a aidée à choisir le design du renard et papa te fait savoir qu’il paiera la facture alors… Oui ?

Nos parents n’avaient jamais été spécialement sévères ou intransigeants. Au contraire. Leurs tendances au laxisme s’avéraient si poussées parfois que je me demandais moi-même s’ils ne se considéraient pas eux-même comme deux adolescents. Mais je pouvais faire à peu près ce que je voulais, sans m’en plaindre alors je me taisais. Je devais juste éviter de faire n’importe quoi avec n’importe qui.

- Tu comptes rester ici pour toujours ?

La première piqûre de la machine de mon frère m’avait fait grimacer.  

- Et toi ? avait-il juste répondu, l’air de rien.
- Je sais que tu l’as fait exprès.

Il n’avait pas répondu à ma question et je n’avais pas insisté. Eljas ne parlait pas quand il n’avait pas envie de parler. Et puisque la séance entière s’était déroulée dans le calme le plus complet, j’en avais déduit que non, il n’avait pas le coeur à discuter mais que oui, son départ en Californie l’avait peut-être finalement changé. Sauf qu’à ce moment là, je n’avais aucune idée de pourquoi et les raisons… Je ne m’en doutais absolument pas.


The beginning of the end.


Je devais avoir dix-neuf ou vingt-ans, quand toute cette merde a commencé. Non, je “devais” pas avoir. J’avais, dix-neuf ans. Sauf que j’ai aucune envie de m’en rappeler. La nouvelle, le rejet, le déni… Tout. Absolument tout, j’ai envie de l’oublier.

J’avais fini par prendre mes clics et mes clacs pour m’installer en Californie.
J’aimais ma Finlande natale, évidemment, mais j’avais besoin de m’échapper du cocon familial et mon frère m’avait gentiment proposée de venir passer trois ans avec lui, après le lycée. Autant dire que ma réponse avait été aussi enjouée qu’instantanée.
Je n’étais pas spécialement en conflit avec mes parents, j’estimais juste y avoir passé assez de temps. Ma mère avait fini par renoncer à l’écriture pour se tourner vers la pâtisserie et mon père avait eu la foutue idée de se lancer dans la création d’une maison d’édition à la con. Qui marche en plus, sans déconner.

À côté de ça, mon frère s’était lancé dans une carrière de concept artist et je n’avais eu aucun réel mal à m’intégrer au système scolaire américain. Je passais les trois quarts de mon temps sur le campus, à gribouiller pour mon sketchbook ou à traîner avec les quelques amis complètement cinglés que j’avais trouvés. Une vraie bande bras cassés mais je les aimais.

Bref, la vie était belle et il manquait plus qu’une note de Simple Plan en fond sonore pour achever le cliché américain dans lequel je vivais.
Jusqu’à un certain après-midi où je glandais avec mon frère devant un épisode de Friends. Le début de ma journée s’était déroulé de façon plutôt banale. Je saurais pas m’en rappeler mais j’avais eu cours et aucun événement n’avait été assez marquant pour suivre ce qui était arrivé.

J’avais pris l’habitude de glisser mes doigts contre le tatouage, sur ma cuisse, sans trop savoir pourquoi. J’aimais ça, tout simplement, et il m’arrivait souvent de juste le regarder en en retraçant les contours sans pour autant m’y attarder.

- Tu t’amuses ?

J’avais sursauté. Parce que ce con avait le don de m’arracher au fil de mes pensées seulement quand je commençais tout juste à m’y plonger.

- Vite fait.

Je n’avais pas relevé la tête, pour le coup, les sourcils froncés et le regard rivé sur l’encre qui se mouvait presque imperceptiblement, sous ma peau. C’était désagréable comme sensation. Comme si quelque chose grouillait dans ma cuisse en suivant le mouvement de mes doigts, indéfiniment.

- Pourquoi tu fais cette tête ?
- Regarde ça.

Il s’était penché sur moi et j’avais doucement glissé ma main sur la gauche de ma cuisse, entraînant avec eux le mince contour noir enveloppant le petit renard dessiné sur mon épiderme. C’était ignoble, atrocement désagréable et j’avais eu l’impression de sentir chaque point se redessiner à mesure qu’ils reprenaient chacun leur place. Le pire, en revanche, avait sûrement été la réaction de mon frère.

- Mais t’es dégueulasse.

Aucune trace d’ironie, aucune pointe d’humour. Et si je ne l’avais pas regardé dans les yeux à ce moment, je n’aurais pas pu y lire l’incompréhension mêlée au dégoût qui s’y était formé, avant de se muer en légère culpabilité.

- Enfin, c’est…
- Bizarre ? Immonde ? Pas normal ? T’es con, aussi, non ?

Je tremblais, sans trop savoir pourquoi, mais je tremblais. De panique ou de déception. De rage ou d’incompréhension. Je ne comprenais absolument rien à ce qu’il se passait et, j’avais beau me retourner la tête, rien n’y faisait.

- Ca fait mal en plus, cette connerie !

Et j’avais l’impression que plus je m’énervais, plus je douillais. C’était insupportable, vraiment. Ma jambe me faisait aussi mal que les jours qui avaient suivis ma cicatrisation et le regard d’Eljas sur ma peau ne m’aidait absolument pas à me calmer.

- Qu’est-ce que tu regardes ? T’es dégoûté parce que c’est toi qui me l’a fait ? Ca y est ?
- Putain mais Kate, admets que c’est pas normal.
- Evidemment que non, ça l’est pas ! J’ai jamais dit que ça l’était, je sais pas ce que c’est moi-même !
- Tu devrais peut-être voir un médecin.
- Va te faire voir.

Et parce que j’étais une gosse vraiment super mature, la seule chose que j’avais trouvée à faire, avait été de m’enfermer dans ma chambre. Puérile ? Non, à peine. J’étais déboussolée, dégoûtée et, par-dessus tout, je crevais d’envie de gratter ce dessin qui déformait ma peau pour essayer de le dégager.
Alors, sans arrêter d’étouffer ce foutu tatouage sous des couches et des couches de crème hydratante pour tenter d’apaiser la douleur et la sensation horrible de démangeaison, j’avais passé ma nuit sur mon ordinateur à fouiller pourquoi merde j’étais aussi bizarrement foutue et la réponse m’avait semblée aussi peu surprenante que non voulue : J’avais juste un putain de pouvoir de merde à la con. Oui. De merde à la con. C’était clairement ce que je m’étais dit en zonant sur les sites vantant les mérites d’une île cheloue appelée Summerbridge et acceptant toutes sortes d’aliens dans mon genre.

J’en avais entendu parler, une ou deux fois. Des gens qui se découvraient soudainement des dons hors du commun et qui se réunissaient là-bas. Mais je n’avais absolument aucune envie d’y réfléchir et parce que j’étais sûrement encore plus mature que ce que vous croyez, j’avais eu la bonne idée de m’enfermer dans ma chambre pendant une semaine, au moins. Ce qui n’avait mené à rien parce qu’Eljas était parti le lendemain de ce soir de merde où j’avais découvert que j’étais moi-même une extra-terrestre.


ⱷⱷⱷ


- Tu es sûre que c’est ce que tu veux ?

Non, clairement pas. Si ça ne tenait qu’à moi, jamais je n’aurais fait ce putain de tatouage, jamais je ne serais partie en Californie et jamais je n’aurais décidé de m’envoler vers Summerbridge en mentant éhontément à ma mère, sous mon nez. Mais parce que je ne voulais pas qu’elle s’inquiète, j’avais simplement opiné en arrangeant mon sac sur mon épaule. Elle ne savait pas grand chose de ce qu’il s’était passé. Pas plus du merdier que je me traînais et j’avais éludé notre engueulade à Eljas et moi en me limitant au plus simple avant d’exposer mon envie d’aller à Summerbridge. Non, je n’étais pas du tout emballée, oui j’avais le choix, mais non je ne voulais pas rester en Finlande ou quoi que ce soit. Quitte à avoir l’occasion d’intégrer une fac sympa, autant ne pas passer à côté.

- Tu remercieras papa pour moi.
- Tu sais très bien que ça lui fait plaisir, si tu fais ce que tu veux.
- Mouais. Je vous appellerais quand je serais là-bas.
- Fais attention à toi, chérie.

Elle m’avait prise dans ses bras, une dernière fois. Et j’avais embarqué pour un vol parfaitement tranquille jusqu’à cette île paumée en plein pacifique qu’était Summerbridge.

J’avais vingt ans.


ⱷⱷⱷ


Ok, j’avais été surprise. Très agréablement surprise. Le campus était encore mieux que ce que j’avais pu expérimenter aux Etats Unis et, même si je n’utilisais jamais mon pouvoir, savoir que d’autres personnes avaient le même “problème” que moi était vraiment réconfortant.

Je sortais tout juste de ma dernière heure de cours quand j’avais croisé Nate pour la première fois. Si toutes les personnes que j’avais rencontrées jusqu’à maintenant étaient tantôt adorables tantôt agaçantes, Nate se classait dans une catégorie que je n’avais pas encore réellement eu l’occasion de développer.
Un vrai crétin, cliché même de l’Allegro revêche et arrogant. Nos premiers contacts avaient été aussi sulfureux que conflictuels et la seule amie que nous avions en commun s’était retrouvée à tenter de maladroitement nous empêcher de nous éventrer vivants. Littéralement. Nos échanges se limitaient à des insultes le plus clair du temps et il m’arrivait souvent de rentrer chez moi avec au moins un boulon en moins et une soudaine envie de câliner Freyja, véritable petit soleil au féminin de Skaði.
J’avais emménagé avec elle dès que j’étais arrivée à Summerbridge et ciel que j'avais été ravie de savoir que, malgré mon adhérence aux Allegros, je n'avais absolument aucune obligation quant au fait de me les coltiner.

Jusqu’à m’habituer, en vérité. Après quelques mois, j’en étais arrivée au stade où Nate ne me tapait plus autant qu’avant sur le système et j’arrivais même pas à à peu près rire à ses blagues.
Soit, les insultes subsistaient et son caractère de merde n’arrangeait rien au mien, mais j’avais arrêté de le regarder comme un chien de faïence et je m’efforçais de lui parler, un tant soit peu. J’avais appris de cette manière qu’il était lui même tatoué et qu’il exerçait, un peu. Comme Eljas, plus par passion que par véritable envie d’en faire son métier.


ⱷⱷⱷ


Le premier contact physique que j’avais eu avec lui avait été en plein spring break, au beau milieu d’une fête organisée par quelques gars un peu particuliers mais sympas de ma confrérie. J’ai déjà dit que c’étaient des crétins ? Tant pis, je le redis même une troisième fois : Les allegros sont des crétins et j'vous emmerde même si j'en fais partie.

- Lightfall Cliff ? Je suis pas fan des bains de minuit.

J’avais juste haussé les épaules, l’air de rien avant d’attraper le paquet de cigarettes calé dans la poche arrière de mon jean.
J’avais envie d’aller à Lightfall Cliff, j’y allais, point. Me proposer de m’accompagner était totalement con s’il comptait s’en plaindre, et je le lui avais vite fait comprendre à l’aide d’un regard assassin en allumant silencieusement la cigarette calée entre mes lèvres.

Une petite inclinaison de la boîte de conserve lustrée qui lui servait de voiture m’avait indiquée qu’il s’était calé à côté de moi et, quand bien même j’en avais cruellement envie, je n’avais pas bougé.
Il était assis à ma droite. Ni trop loin, ni trop près. Juste ce qu’il fallait pour empêcher à mon cerveau de partir en live et commencer à m’en faire voir d’à peu près toutes les couleurs. Pourquoi ? Parce que j’étais complètement déchirée, tout simplement. Tellement que j’en arrivais à un point où rien que l’odeur de son parfum mêlée à celle de la cigarette me donnait atrocement envie de lui arracher ses fringues.

- Kat, tu m’écoutes ?
- Non.

Et me demandez pas pourquoi mais tout est parti de là. Ma clope a fini sur le bitume et ma langue est allée chercher la sienne comme jamais j’étais allée chercher la langue de quelqu’un jusqu’à maintenant. Et j’avais aimé ça. Trop fort. Beaucoup trop. L’alcool qui courait dans mon sang avait achevé de faire monter l’adrénaline dans mes veines et j’avais atterri sur la banquette arrière de sa voiture avant même de rendre compte que ma culotte était déjà plus là.

Honnêtement ? Même maintenant je ne regrette en rien la façon dont ma première fois s’est envolée. Je l’avais aimé et même s’il ne me l’avait jamais dit, j’avais pu sentir à travers ses caresses, plus d’une fois, qu’il m’avait aimée aussi.


ⱷⱷⱷ


- Putain la sale gueule que j’avais, avant d’arriver à Summerbridge.
- T’as toujours la même gueule, Nate. T’as juste changé de fac et d’amis.

Il avait éclaté de rire et je m’étais un peu mieux lovée contre lui, les yeux rivés sur l’écran de son smartphone sur lequel il faisait défiler des photos de lui, avant d’intégrer la fac. J’ai besoin de préciser que notre relation s’était nettement améliorée ? Soit, c’était le cas. J’avais commencé à sortir avec lui deux semaines après le petit événement survenu dans sa voiture. Rapide ? Un peu. Mais huit mois après, je me sentais parfaitement bien et mon deuxième tatouage commençait tout juste à prendre forme, sur mon bras.

- Toujours aussi aimable, hein ?

Ses doigts s’étaient glissés de ma joue à mes lèvres et j’en avais doucement attrapé un entre mes dents, pour le mordiller avant de l’embrasser.

- Tu aimes mon amabilité.
- J’admets que je te préfère sauvage.
- Alors ne te plains pas.

J’avais l’air de filer de le parfait amour ? C’était le cas. Notre relation s’est étendue jusqu’à mes vingt-trois ans et je me félicite encore moi-même d’avoir réussi à le garder aussi longtemps. Moi qui pensait qu'il faisait partie de ces mecs infidèles et volages, j’avais été obligée de rapidement changer d’avis.

J’avais été surprise de le voir aussi investi. Il était maladroit, un peu indépendant et grande gueule mais investi. Assez pour avoir voulu terminer le tatouage qu’il avait commencé le plus vite possible et je dois encore admettre que j’ai du mal à croire qu’un amateur ait fait un truc pareil. C’était pas faute de l’encourager, je l’avais poussé à essayer. D'évoluer et même d'en faire son métier. Au lieu de ça, il m’avait simplement appris à utiliser une machine et j’avais expérimenté mon premier tatouage -et tous les suivants- sur lui.

« - Tu sais ce que tu veux ?
- J’ai mon idée.
- Abrège, Nate.
- De quoi que soient faites nos âmes, la sienne et la mienne sont pareilles.
- Tu fais dans la poésie, maintenant ?
- C’est de la littérature. Et ma poésie emmerde ta Finlande pourrie qui -
ne connaît pas l’art littéraire. »


Là, c’était moi qui avait rigolé.


ⱷⱷⱷ


J’avais arrêté de le fréquenter le lendemain de mes vingt-trois ans. Juste après un troisième tatouage qu’il avait de nouveau lui-même inscrit sur ma peau. Quelques mots en finnois qui prenaient leur sens pour beaucoup de choses, et en détruisaient de nombreuses autres.

- Je vais devoir m’en aller, d’ici deux semaines.

Je n’avais pas bougé, je l’avais juste écouté, les yeux rivés sur sa tête penchée sur mon buste alors qu’il terminait calmement la gravure à l’encre qu’il y avait commencé.

- Ma mère a choppé une cochonnerie, faut que je rentre vite et… Bah… Je sais pas si je reviendrais.

Ca faisait mal. Beaucoup trop mal. Sa façon détachée de me l’annoncer était aussi désagréable que le picotement de l’aiguille sur mes os.

- Je continuerais à t’appeler, si tu veux.
- Pour me dire que c’est terminé deux semaines après ? Fais le maintenant, Nate.

Je ne lui en voulais pas. Pas parce qu’il s’en allait du moins, plutôt parce que, jusqu’à la fin, il n’avait jamais eu le courage de me dire au moins une fois qu’il m’aimait.

- J’ai pas envie que ça se termine, Kate.
- Moi non plus. Mais j’ai encore quelques années à tirer ici et tu ne reviendras peut-être pas.
- Oui mais--
- Si tu te décides pas, c’est moi qui le fait.

S’il avait eu les couilles de le faire ? Non. Jamais. Il était parti un mois après sur un au revoir et un baiser et j’étais retournée à ma vie parfaitement emmerdante et normale.

Moi, j'avais quitté les Allegros peu après ça parce que de toute manière je les avais jamais aimés. J'avais rien à voir avec cette confrérie, je vivais avec ma meilleure amie et ça m'allait. Très bien même. J'y étais entrée parce que j'avais aucune putain d'idée d'où aller quand on m'a demandée si je voulais intégrer une confrérie alors je leur avais tout naturellement demandé laquelle était constituée des gens les plus emmerdants.

Sauf que ouais, non. C'est pas un monde pour moi. Et loin de moi l'envie de traîner plus longtemps avec des moutons.


The end. ~


Et maintenant ? Je vis avec Skaði et ses deux adorables soleils (dont l’une qui est un soleil congelé) et autant dire que Freyja et Freyr font autant mon bonheur que mes journées. Notamment parce que Freyja est un merveilleux coussin refroidissant ambulant. Et puis d’ailleurs…

- Freyjaaaa, poussin ! Viens te réchauffer contre Tata Katiiiie !


Derrière l'écran
Shae. ᵜ 22 ans et des poussières. ᵜ Il é bo tkt. ᵜ Gimme sushis.

Code:
[b]Handlink[/b] • Capacité d'utilise l'encre (noire uniquement) de ses tatouages et d'en faire ce qu'elle veut. Sauf qu'elle douille samer. ▬ [i]Katrina M. Heikkinen[/i]
Code:
OC • Kyrie0201 ▬ [i]Katrina M. Heikkinen[/i]




Dernière édition par Katrina M. Heikkinen le Lun 5 Juin - 20:25, édité 11 fois
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Leo Chevalerie
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MessageSujet: Re: « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.   Ven 12 Mai - 13:01

Salut toi ! Bienvenue sur Tasty Tales ! Met toi à l'aise, tu peux poser tes affaires là.

(P.S. Je t'aime déjà parce que Gurren Lagann et Bravely Default forever in my )
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Artemis Kane
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MessageSujet: Re: « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.   Ven 12 Mai - 13:43

Damn, cet OC

Trop de bôté ♥

▬ ● ● ● ▬

               
I hate you I love you
I hate that I love you
Don't want to, but I can't put
Nobody else above you

▬▬▬▬▬▬▬▬

Arte' la Déesse, par Drew ♥ :
 


Artish(o) ♥ :
 
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Ambroise Neelov
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MessageSujet: Re: « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.   Dim 14 Mai - 10:19

Avatar magnifique de maman en vue. *Q*'
T'as pas perdu la main. *QQQQQQQQ*' Et tu sais ce que je pense des images et de ton personnage. Maman tu gères, tu gères vraiment la bière p'tit jeu de mots. *Q*'

BIENVENUE ICI MAMAN D'AMOUR. ♥♥O♥♥
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Lizzie A. Gregory
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MessageSujet: Re: « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.   Dim 14 Mai - 12:55

Kat ♥

Re-Bienvenue a toi vue qu' on se parle sur la Cb X)

Un avatar trop magnifique ♥

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Katrina M. Heikkinen
Vivace
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MessageSujet: Re: « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.   Dim 14 Mai - 13:03

Leo > Notre amour est invincible, tkt. Mais merci. ♥

Artemis > Terriblement, Kyrie0201 a trop de talent. ;;

Ambrou > T'es adorable, as usual, merci. ♥♥ Et je tiens à rappeler que tu m'as aidée à me décider quand même alors bon. ~ MERCIII. ♥

Elea > Merci x 3. (Les deux bienvenue et pour l'avatar.) Tu pourras te cacher derrière moi tout le temps, si tu veux. ♥
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Ambroise Neelov
Moderato
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MessageSujet: Re: « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.   Dim 14 Mai - 22:52

MAMAN D'AMOUR QUE J'AIME DE TOUTE MA VIE. ♥♥O♥♥
JE T'AIME TOI, TON PERSONNAGE, SON POUVOIR, SON CARACTÈRE, SON HISTOIRE. I LOVE EVERY PART OF YOU AND YOUR CHARACTER. *QQQQQQQQQQQQQQ*'

Pas pardon du capslock, hâte de te voir validée. *Q*'
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Katrina M. Heikkinen
Vivace
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MessageSujet: Re: « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.   Lun 15 Mai - 9:50

Oh, poussin, tu vas me faire rougir.
Je sens qu'on va faire des étincelles, toi et moi, avec Ska. ~
MERCI DE TON AMOUR MON FILS. ET MERCI POUR CES BEAUX COMPLIMENTS. JE T'AIMERAIS TOUTE MA VIIIIIIIIIIIE. (Loin du froid de décembreuh.)
Ahem. Donc, oui merci fort fort. (╹◡╹)♡
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Liam Herinsten
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MessageSujet: Re: « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.   Lun 15 Mai - 11:21


- CONGRATS HONEY -

T'es validée ! C'est t'y pas magnifique ? C'est le moment de te jeter dans le grand bain et de commencer ton aventure sur le forum ! Pour que tu sois pas toute perdue et que tu cherches pas pendant 10 ans où tu dois aller, on te met des petits liens juste là :
> Créer ta fiche de liens
> Faire des demandes de liens
> Faire des demandes de RP
> Créer la messagerie de ton perso

Pour pouvoir savoir tout ce qui se passe sur le fofo, on te propose de cliquer sur les petits liens ci-dessous. Tu verras, ça te mettra automatiquement des notifications quand il se passe quelque chose d'important :
> Evènements du forum
> Evènements CB
> Animations forum
> Annonces du forum


▬ ● ● ● ▬
Merci KitKat pour l'ava et Meow pour la signa


Spoiler:
 


http://sketchtoy.com/68103568
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Katrina M. Heikkinen
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MessageSujet: Re: « She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.   Lun 5 Juin - 20:39

Pitit bout ajouté à la fin de l'histoire, j'vous aime.
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« She's got beauty. She's got grace. She's got resting bitch face. » Finito.
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