Partagez | 
 

 Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Nate J. Miller
Fonda • Award du RP le plus émouvant
avatar
▪ In my Bubble ▪

Messages : 112
Points RP : 505
Date d'inscription : 02/04/2017
MessageSujet: Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]   Dim 2 Avr - 14:28



Nate Jaydon Miller
Cantabile

24 ans ᵜᴥ 14.07.1992 ᵜᴥ 1m85 ᵜᴥ ♂ ᵜᴥ Yeux bleus ᵜᴥ Cheveux blonds ᵜᴥ  Plongeur dans un restaurant qui s'incruste en cours sans être inscrit à ses heures perdues #thuglife ᵜᴥ Impulsif ᵜᴥ Grande gueule ᵜᴥ Violent ᵜᴥ Colérique ᵜᴥ Cynique ᵜᴥ Arrogant ᵜᴥ Affectueux ᵜᴥ Fidèle (même si ouais on dirait pas) ᵜᴥ Un peu lâche et de mauvaise foi ᵜᴥ Il sait ce qu'il veut ᵜᴥ Investi ᵜᴥ Ambitieux ᵜᴥ Obsessionnel depuis la mort de sa mère ᵜᴥ Impatient ᵜᴥ Vulgaire ᵜᴥ Amoureux de l'autodérision

Mon pouvoir
Prodigy. C'est le nom de mon don. Quoi ? Tu penses que j'me la joue ? Que j'me fais gonfler les chevilles avec des conneries et que j'suis qu'un vantard grande gueule ? Ha ha... T'aurais pas tord, sauf que là, si j'te dis que j'suis un prodige c'est pas pour te faire chier dans ton froc. Pigé ?

Ma tête, elle est encore plus classe que ton iPhone 7 que t'as acheté pour ressembler à tous les p'tits péteux de banlieue qui sont persuadés d'exister grâce à ça. Pas b'soin de centaines de gigas de mémoire pour te ressortir des images en 4K. Y m'suffit d'un crayon, feutre, pinceau, tablette ou tout ce que tu veux qui peut créer entre les doigts... et d'un support pour te faire chialer de jalousie.

Rage pas tout d'suite, j'viens seulement de commencer. Tout c'que j'vois autour de moi, j'le mémorise à la perfection. Comme si j'avais une carte SD dans l'fion en fait. Suffit que la charge émotionnelle soit là, et vlan j'te sors un Picasso. Sauf que j'ai plus de talent que lui. Tu trouves ça useless ? Tu t'es d'jà regardé sérieux ? Rien qu'par cette pensée tu m'rappelle un vieux géranium sur la terrasse de ta grand-mère sourde et aveugle. Tu m'diras, pour peu qu'tu schlingues, t'auras au moins le mérite d'éloigner les moustiques.

Mais la vie est pas parfaite, enfin ça j'pense qu'après avoir vu ta tronche ce matin au réveil... tu devais déjà le savoir. C'est bien pour ça qu'mon don il a aussi ses mauvais côtés. Genre, j'mémorise parfois des trucs, des scènes dont je me passerais bien. Tu comprendras quand t'auras lu mon histoire. Tain mais t'es vraiment pas foutu d'être patient ? Et ma main dans ta gueule t'es pressé de l'avoir aussi ? Ouais du coup, j'disais... Y a des trucs que je mémorise instantanément sans pouvoir m'en débarrasser. Genre, j'peux pas vider le cache ou l'historique quoi, j'm'appelle pas Firefox non plus.

En r'vanche, si tu m'demandes une fois de t'faire une oeuvre, (c'que je pourrais comprendre hein, soyons francs)... j'vais pouvoir te mémoriser l'truc que tu veux et te l'ressortir, mais ça va m'épuiser bien plus vite que pour un truc qui m'aura marqué sur le plan émotionnel. Compte pas sur moi pour te finir l'machin en une heure, car c'est généralement à partir de là que j'commence à fatiguer pour les trucs à la con. Les sentiments sont un peu mon carburant tu vois. T'as jamais été dans une galerie où on t'as balancé des foutaises sur l'émotion de l'artiste ? J't'ai dit j'suis mieux que Picasso. Et quand j'peins un truc qui m'tient à cœur... j'peux m'y coller des heures et des heures d'affilée, facile six heures à tout péter.

Quoi encore ? Tu veux savoir c'qui s'passe si j'abuse ? Sérieux ? Tu veux une gâterie en prime aussi ou... ? Bref, j'vais être gentil hein. Va foutre une croix sur ton calendrier et laisse moi en paix après. Si j'pousse trop mémé (oui, ta mémé) dans les orties, j'peux me causer de sérieux dommages. J'pisse du sang par le nez, j'te fais des syncopes astronomiques. Et même, si vraiment j'y vais fort, l'image que je souhaitais peindre... elle s'effrite dans mon esprit, du coup j'me retrouve bien con. Incapable de continuer le tableau, de l'finir. Reconstituer l'image, ça fait pas partie des possibilités.

Ouais, j'suis du genre artiste maudit. En plus classe.
Mon histoire
La Californie tu connais ? Si tu vis pas totalement dans un trou paumé, sans école, TV ni culture… tu devrais. Et ben c’est là-bas que j’ai grandi et vécu avant de débarquer à Summer. La Côte Ouest… le gros rêve américain, et pourtant le mien, il s’est jamais réalisé. Tout est d’ailleurs parti en couille assez vite au final. Il a suffit qu’mon vénérable père apprenne que ma mère était en cloque pour qu’il se casse aussi sec. J’vous sors l’excuse la plus bidon et clichée du monde : « Je ne suis pas prêt à être père. » J’vous jure si j’avais pu causer, j’lui aurais certainement dit que pour foutre une capote, il était pas prêt non plus apparemment. Du coup, ma mère s’est retrouvée à m’élever seule de A à Z. J’vous avoue que pour ça, j’lui tire mon chapeau. J’étais un gamin tout sauf facile. Une vraie pile électrique… le genre qui dès le matin au réveil se met à courir partout.

Et qui tombe HS le soir tellement il est vidé. J’l’ai épuisée, désespérée… et pourtant elle a jamais abandonné. Parce que j’étais ce qu’elle avait de plus précieux, et inversement. On avait une relation ultra fusionnelle. Tu peux m’traiter de fils à maman si ça te chante, ce serait loin de me déplaire. On l’assumait, j’l’assumais, j’la protégeais et ça même haut comme trois pommes. Fallait pas toucher à ma mère si tu voulais pas que j’me mette à mordre. Elle était la seule à avoir trouvé l’astuce pour pouvoir me calmer, m’empêcher d’être un gamin colérique et bien trop dynamique à perpétuité. Elle me collait une trousse de crayons de couleur, une feuille A4 sous le nez et je mettais à tracer des lignes du haut de mes 3 ans. J'dessinais ce qui me tenait à cœur comme tous les enfants.

A savoir… un portrait de ma mère. Sauf que contrairement à n’importe quel autre gamin d’mon âge qui te faisait des ronds infames qui ressemblent à rien… On voyait les traits de son visage se former avec finesse, et elle était clairement reconnaissable. Après j’étais pas dieu non plus hein, et avec la précision et la dextérité d’un minimoy à peine formé on fait pas d'miracles non plus. Ca ressemblait à un p’tit brouillon d’un portrait réaliste. Avec quelques fois l’trait un peu grossier. Ma mère s’en est pas forcément alarmée. Elle s’est contentée d’observer comment ça évoluait, puis bah… quand elle a capté que j'me perfectionnais à une vitesse folle à force de pratiquer, comme si ma main était une machine à reproduction massive… Là elle a flippé un peu. Elle m’a traîné chez un spécialiste et a cassé la tirelire pour que j’puisse avoir un diagnostic posé sur mon cas.

Bah le bilan était sans appel, j’avais une particularité, un don. Et un don comme ces humains bizarres dont on entendait parler à la TV. J’étais une sorte de monstre, mais avec un truc poétique. J’étais pas censé pouvoir te sortir des dessins ultra détaillés, ultra travaillés comme ça à mon âge, à quatre ans. Ma mère était fixée, et moi aussi, elle m’encourageait à vivre ça comme une vraie passion. Sauf que c’est parti en couille un jour. J’avais envie de créer une fresque sur le mur du salon. Un paysage qui m’avait plu quand j’étais parti en balade avec elle. J’me souviens, j’devais avoir 10 ans. Elle me laissait faire ma mère, elle avait confiance, elle savait ce que j’étais capable de pondre. Elle se saignait d’ailleurs pour pouvoir m’offrir tout le matos qui fallait pour que je m’éclate et que je puisse faire ressortir toutes les nuances stockées dans ma tête.

J’m’y mettais. Sérieusement, j’peignais ce paysage incroyable, cette plage déserte sur un couché de soleil avec des couleurs qui éclatent. J’arrivais pas à m’arrêter, j’voulais finir. J’voulais graver tout ça dans le mur à coup d’acrylique pour que jamais cette image ne quitte l’esprit de ma mère ni l’mien. Elle est sortie, elle avait des courses à faire et elle savait qu’une fois que j’étais lancé j’risquais pas de faire une connerie dans l’appartement. J’étais sur mon œuvre depuis déjà bien quatre ou cinq heures quand elle est partie. Y en avait bien sept de passées quand elle est revenue. Inerte, c’est comme ça qu’elle m’a trouvé, tout con et K.O. sur le sol avec le nez en sang. Pâle comme un cul, une vision d’rêve j’vous jure. Forcément, elle en a eu rien à foutre de laisser tomber ses sacs de courses pour se ruer sur moi en hurlant. J’revenais pas, j’restais H.S., elle m’a traîné à l’hôpital en mourant d’inquiétude.

La fresque ? Devinez quoi… je l’ai jamais finie. C’était pas l’envie qui m’en manquait. Vraiment pas. J’adorais voir ma mère sourire en contemplant mes dessins, j’vous jure, c’était un vrai soleil quand elle s’y mettait. Mais voilà, quand j’suis revenu à moi, que j’suis rentré à la maison et que j’ai repris les pinceaux en main… j’me suis retrouvé con, incapable de reconstituer l’image que je voulais dans ma tête. Il manquait des parties, des bouts. Ca me collait la migraine… Et finalement je recommençais à pisser le sang du nez. Ma mère m’a surpris, et j’peux vous dire que j’me suis pris un savon. C’est qu’elle s’inquiétait pour moi, elle avait bien cru qu’j’étais sur l’point de crever la dernière fois. J’la comprenais. J’étais encore un mioche mais j’voulais pas qu’elle souffre.

D’autant que deux ans plus tard, alors que parfois j’avais peur de dessiner, de passer la limite une nouvelle fois, j’ai vu l’sourire de ma mère disparaître. Et c’était loin d’être aussi beau que l’coucher de soleil de ma fresque inachevée. J’le savais pas encore mais elle avait eu une nouvelle qui allait tout changer dans mon futur. Un truc… qui allait finir par me faire dérailler complètement. J’commençais les joies de l’adolescence sans comprendre pourquoi ma mère pleurait parfois dans sa chambre seule le soir. J’pouvais qu’écouter de l’autre côté de la porte avec l’envie de la défoncer pour entrer la consoler. J’comprenais pas, et ça me mettait en colère. Et la colère chez moi, ça a un effet tout sauf doux. Faut que j’la sorte, que j’l’évacue. Comment ? Dans des coups souvent.

J'me jetais sur mes p’tits camarades qui osaient se foutre de ma gueule ou de celle de ma mère, ceux qui m’disaient qu’ma mère était seule car elle était moche. J’les supportais pas. Bande de p’tits cons… J’m’en rendais pas compte, j’pouvais pas savoir, mais avec mes convocations multiples et mes résultats scolaires en chute libre, j’rajoutais juste encore plus d’emmerdes à ma mère. Le pire c’est qu’elle m’engueulait pas. Moi j’voulais juste… attirer son attention, j’sais pas, qu’elle me parle. Qu’elle réagisse un peu. J’étais tellement paumé par tout ça, que j’en perdais l’envie de dessiner. J’touchais plus un crayon, ou alors rarement. J’gardais les images dans ma tête. J’me sentais vide. J’voulais pas de ce fossé entre elle et moi.

J’me rappelle de ce soir où j’me suis levé. J’étais à bout de patience, j’devais avoir 16 ans. Après quatre ans de silence, de faux sourires et de larmes étouffées… j’avais fini par toquer à sa porte avec violence. J’hurlais, de ma voix d’ado qui manquait d’équilibre et de grâce. J’toquais à m’en péter les phalanges… J’me rappelle encore ce que je lui ai dit… J’vous jure j’ai littéralement explosé. « J’ai fait quoi pour que tu m’ignores comme ça ? C’est quoi le problème ? C’est quoi qui a changé ? » Elle a ouvert la porte, j’me suis perdu dans ses yeux bleus, elle dans les miens… et j’te jure que cette discussion a créé un vide, une espèce de vieille panique et de malaise.

S.E.P. Si t’es un peu familier du domaine médical, tu sais que ça veut dire Sclérose en Plaques. Une saloperie de maladie dont on ignore vraiment la cause, et qui survient de façon random chez des gens. Et cette fois, c’était ma mère l’élue. Quand elle me l’a dit j’y ai pas cru. Elle a tenté d'me rassurer avec des banalités à la con, mais moi j’savais bien ce que ça voulait dire… elle allait souffrir, perdre ses capacités. Ca pourrait aller plus ou moins vite. Tout dépendait de l’individu, y avait pas vraiment de règles hormis les cycles de la maladie. Comment ça marche ? Fuck… c'que t’es curieux. Dans l’corps humain, nos nerfs sont entourés par une gaine isolante qui évite que les stimuli soient perdus et donc inefficaces.

La S.E.P., c’est une maladie auto-immune qui détruit cette fameuse gaine. Donc en gros… au fur et à mesure tu deviens un légume. Un putain de légume. J’ai pas su comment réagir de suite. La maladie était encore plutôt invisible chez ma mère. J’avais bien capté des difficultés d’élocution, des maladresses inhabituelles… J’mettais ça sur le coup de la fatigue. Elle se tuait dans son taff de femme de ménage depuis déjà tellement d’années… Fallait bien qu’elle finisse par être épuisée. J’étais sur le cul, vraiment. J’ai été complètement apathique pendant un temps. J’ai séché les cours, j’voulais plus y aller. J’passais mon temps en dehors, dans les cyber cafés à chercher des infos sur la maladie sur le net.

J’voulais tout savoir, j’voulais des solutions. J’voulais la sauver, la guérir. Et plus je lisais, plus j’me rendais compte que c’était juste un merdier pas possible. Y avait pas moyen de la sauver. J’pouvais pas la sauver. Ca allait finir par l’avoir. Le seul truc que j’pouvais faire, c’était de lui remonter le moral et de tenter de lui faire la vie belle. C’est à ça que j’ai voué mon quotidien par la suite. J’ai repris les cours, j’ai recommencé à bosser comme il faut. J’vous jure, un vrai p’tit ange. Dur à croire hein ? J’voulais qu’elle soit fière, j’voulais pas être un poids, et surtout pas en rajouter. Elle se reposait du coup, j’avais le sentiment qu’elle allait mieux. Moi… j’grandissais.

Quand j’ai eu 18 ans, un d’mes potes avait capté que j’avais un sacré coup de crayon et m’a proposé de m’essayer au tatouage. On f’sait ça pour le fun en p’tit comité. J’m’entrainais sur des courageux volontaires, ça m’changeait les idées. C’était un autre moyen de sortir les images que je voulais, de graver des trucs sur un nouveau type de support. J’voulais pas pour autant bosser là-dedans, j’voulais que ça reste une passion sans pression, un truc que j’peux faire sans me prendre la tête, à l’envie. J’touchais sérieusement pourtant, j’avais même un succès de fou dans l’milieu. Le temps passait, j’profitais des opportunités et de cette nouvelle bulle de bonheur pour m’évader de l’enfer de ma vie quotidienne, de la guillotine qui menace de tomber.

J’approchais la vingtaine et même si j’étais pas du genre… à courir après toutes les meufs comme mes potes, y en avait bien une qui m’avait tapé dans l’œil. Kat. Ouais… Kat. Elle m’rendait dingue dans tous les sens du terme. Dans un premier temps, c’est parce que j’savais pas comment l’approcher. Et puis à l’appartement tout s'gâtait. La maladie d’ma mère était en train de prendre une sale tournure, et les périodes de récession de plus en plus courtes. Ca f’sait un moment que j’avais laissé tomber les études pour aller taffer. Ma mère pouvait plus l’faire. Comment tu veux encore récurer des chiottes alors que tu traînes en fauteuil roulant les trois quarts du temps ?

Du coup bah… j’bossais dans un fast food, le truc pas glorieux. Mais au moins ça ramenait un minimum de tune à la maison. Elle s’en voulait que j’puisse pas continuer à m’instruire, à faire quelque chose de mieux d’ma vie. Mais j’en avais vraiment rien à foutre. Moi j’voulais son bonheur, j’voulais qu’elle soit bien, qu’elle ait une belle vie. Même si ses sourires étaient de plus en plus rares… même si elle maigrissait à vue d’œil. J’continuais d’espérer et d’essayer. J’voulais pas la voir s’éteindre encore. J’aurais pu crever pour elle, j’vous jure… j’aurais pu donner ma vie si c’était pour la voir continuer la sienne. J’tentais de garder la tête hors de l’eau. J’traînais souvent avec une fille qui connaissait la fameuse Kat.

Et… alors que j’savais pas comment l’aborder ni aller vers elle, on a fini par s’prendre le chou sur un sujet à la con. Ca a accroché comme ça. Notre relation c’était l’bordel… on était ensemble, mais on s’gueulait dessus les trois quarts du temps. C’était tout sauf sain. L’pire, c’est qu’elle savait presque rien d’moi. Elle savait pas pour ma mère, elle savait pas pour mes problèmes. J’couchais avec elle, ça me changeait les idées, elle aussi sûrement. J’étais déjà fou d’elle à ce moment-là. Et j’pense que ces instants c’était un peu l’seul truc qui me permettait de pas devenir dingue de voir ma mère devenir un légume. Au final, on s’est mis en couple avec Kat. Ca aura mis l’temps mais on avait fini par moins s’engueuler.

Peu d’temps avant que je m’évapore de la vie de la demoiselle… elle m’avait laissé une phrase sur le torse. Un tatouage, qui faisait et fait toujours autant sens pour moi : « De quoi que soient faites nos âmes, la sienne et la mienne sont pareilles. » J’la voyais vraiment comme ça, mon âme sœur. Ouais, sous les apparences de bad boy j’étais un putain de niais romantique à mes heures. On avait 23 ans quand j’ai disparu. J’pouvais pas rester avec elle, c’était pas possible. Pourquoi ? J’espère que t’es bien accroché. Les choses sérieuses vont commencer ici.

Tout au long d’notre relation avec Kat… j’ai fini par totalement zapper mon don. Tout c’que j’pouvais dessiner ne suffisait plus à la faire sourire, ma mère. Tout c’que j’pouvais faire ne suffisait plus tout court… Elle me parlait de trucs qui m’donnaient envie de gerber. Elle parlait de mort, de suicide. J’vous jure j’la pensais pas sérieuse. J’tentais toujours de m’dire que c’était sa déprime qui prenait le pas mais qu’elle ferait jamais ça. J’m’étais planté en beauté. Ca devait être deux semaines après les 23 ans de Kat, j’suis rentré chez moi après l’boulot avec une drôle d’impression. Y avait une drôle d’ambiance dans l’appartement, y avait un vieux silence qui flottait. J’aimais pas ça du tout. J’commençais à appeler ma mère.

J’finissais par hurler après elle en constatant que la porte de sa chambre était verrouillée. Cette fois, j’la défonçais, foutu obstacle. J’entrais avec fracas en manquant de me tarter la gueule par terre. Et là j’vous assure… j’vous jure que quand j’ai relevé la tête et repris mes esprits… j’ai failli tourner de l’œil. J’m’étais pas inquiété plus que ça quand j’étais parti au travail. Elle était en période de récession et pouvait se débrouiller un peu mieux toute seule. J’aurais du m’inquiéter. J’aurais du m’poser des questions quand elle m’avait offert des demi-sourires ces derniers jours. J’pensais que c’était parce que mes efforts payaient… mais non.

Non. C’était parce qu’elle voulait me faire un dernier cadeau avant de partir. Et là, quand j’l’avais sous les yeux, inerte dans son lit… ça me sautait aux yeux. Moi, j’suis juste tombé à genoux, tremblant. Cette image, cette scène je l’oublierai jamais. Son visage et sa gorge ne ressemblaient plus à rien, c’était plus ma mère que je voyais là, mais un cauchemar. Le cauchemar de son désespoir. Celui qui avait fini par la tuer, celui qui avait fini par l’avoir, par nous avoir. La soude, tu vois c’que c’est ? Ouais, tu vois bien. C’est le produit qu’on met dans les éviers bouchés pour dissoudre toute la merde qui a dedans.

Si tu l’ingères ? Tu meurs. Tu fonds de l’intérieur et de l’extérieur si plus et affinités. Et ma mère, c’est cette option là qu’elle a choisi. J’la savais au bout du rouleau, mais j’pensais pas qu’elle l’était au point de vouloir en finir de cette manière. Mes larmes coulaient sans que j’puisse rien y faire, j’arrivais pas à détacher mes yeux de l’horreur que j’voyais. Et j’le savais, ça allait me hanter. Puis j’ai senti un sursaut d’espoir me prendre à la gueule, et j’me suis levé pour aller voir si elle respirait encore. J’voyais bien que non, que c’était fini, que c’était trop tard avec la quantité qu’elle avait bu. Et là… j’me suis mis à la secouer en la tenant par les épaules et à hurler pour qu’elle se réveille.

J’ai dû faire ça pendant au moins… 10 minutes avant que les voisins, alertés par le bruit, finissent pas appeler les flics. Ils ont débarqué, et ont défoncé la porte d’entrée quand ils ont vu que j'répondais pas. J’étais incapable de la lâcher, de partir, de la laisser là dans ce lit. Ils m’ont chopé pour que je la lâche, je luttais. J’me débattais. J’voulais pas. J’voulais pas… On m’a passé les menottes et j’me suis retrouvé au poste. J’vous passe les détails de tous les interrogatoires que j’ai subi avant qu’ils tirent la conclusion du suicide. On m’a laissé récupérer les biens personnels de ma mère, y compris la lettre qu’elle m’a laissé. Ouais, sa lettre de suicide.

J’l’ai jamais lue. J’ai pas encore eu le courage. Après tout ça… j’suis pas retourné à l’appartement hormis pour prendre mes affaires. J’ai résigné le bail et j’ai vécu dans un p’tit studio. J’continuais mon job dans un autre restau… mais le quotidien était devenu un cauchemar. J’avais toujours la même image en tête : ma mère défigurée, morte sur son lit. Alors j’ai développé une obsession. J’la dessinais. J’faisais que ça. J’voulais gommer l’image de cauchemar en dessinant ma mère sous ses beaux jours. J’fouillais ma mémoire pour graver ça sur l’papier. Parfois, j’perdais totalement pied et je redessinais la scène de son suicide. Mon carnet était rempli d’elle. Partout. Et les pages lugubres, je les collais entre-elles pour m’éviter de retomber dessus. En avoir perdu l’sommeil ça m’suffisait largement.

Kat… j’pensais toujours à elle. Elle aussi, j’la dessinais. J’étais parti comme un voleur, j’lui avais jamais donné d’nouvelles. J’avais juste disparu. Alors quand elle me manquait, j’me faisais le film de nos souvenirs et j’les collais sur les pages d’un carnet que j’lui dédiais. J’avais peur de la r’voir. Peur de lire la rancune, la douleur, la haine la souffrance. L’incompréhension d’mon départ. J’voulais pas affronter ça. Et j’voulais pas qu’elle affronte c’que j’suis devenu. Un insomniaque obsessionnel, hanté par son passé et maudit par son don jadis bénit. Un type violent, en colère… et qui sait pas évacuer toute sa douleur autrement qu’en était un connard arrogant qui colle des mandales aux premiers venus.

J’savais pas où elle était, mais moi… j’voulais quitter la Californie, tenter d’fuir un peu mon passé et mes cauchemars. Le peu d’économies que j’avais, j’les ai utilisé pour prendre un billet d’avion pour une île dans l’Pacifique. Apparemment, là-bas y a pleins de gens avec des dons. J’avais l’espoir un peu con que ça pouvait potentiellement me changer les idées, me fasciner assez pour imprimer d’nouvelles images dans ma tête. Un job ? J’en avais trouvé un avant d’y aller. La magie d’internet et des call conf’ que veux-tu. J’ai réglé toute la paperasse avant de m’y installer, j’avais plus qu’à poser mon sac et mes affaires.

Mon rêve ? Bah… j’crois que c’était plutôt simple. Quitter les jobs minables et la plonge pour faire des études. En attendant, j’allais prendre le gauche comme j’l’avais toujours fait dans ma vie et m’incruster sur le campus. J’trouverai bien un moyen d’avoir les emplois du temps des matières qui me plaisent. La seule raison qui m’poussait à continuer à m’accrocher loin de mes ambitions était plus là maintenant. J’savais aussi qu'ça la rendait malheureuse de me voir me tuer à la tâche pour elle. Alors… maintenant qu’elle allait mieux à sa manière, j’voulais juste avancer.



Derrière l'écran
Babao ᵜ 24 ans ᵜ Cépamoakiléfé ᵜ #oupasenfait

Code:
[b]Predef × Prodigy[/b] • Il peut redessiner à la perfection tout ce qu'il voit, sur n'importe quel support. ▬ [i]Nate J. Miller[/i]
Code:
[b]Plongeur[/b] • A Summerside ? ▬ [i]Nate J. Miller[/i]
Code:
Predef × OC Kyrie 0201 • Kyrie 0201 ▬ [i]Nate J. Miller[/i]


© Fiche par Babao pour Tasty Tales


Dernière édition par Nate J. Miller le Dim 25 Juin - 16:47, édité 16 fois
Revenir en haut Aller en bas
Doku Matsuda
Admin • Cantabile
avatar
▪ In my Bubble ▪

Messages : 143
Points RP : 142
Date d'inscription : 17/12/2016
MessageSujet: Re: Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]   Dim 2 Avr - 15:40

Bienvenue sur ton fow' Judy

▬ ● ● ● ▬


Je t'ai à l'œil Invité ! Passe par si toi aussi tu as des commandes graphiques à passer !
Revenir en haut Aller en bas
Nate J. Miller
Fonda • Award du RP le plus émouvant
avatar
▪ In my Bubble ▪

Messages : 112
Points RP : 505
Date d'inscription : 02/04/2017
MessageSujet: Re: Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]   Dim 2 Avr - 15:55

Merci Grand Doku

▬ ● ● ● ▬


Revenir en haut Aller en bas
Doku Matsuda
Admin • Cantabile
avatar
▪ In my Bubble ▪

Messages : 143
Points RP : 142
Date d'inscription : 17/12/2016
MessageSujet: Re: Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]   Dim 2 Avr - 15:56

Pourquoi la barbe ?
En plus je suis imberbe en irl, vas y je complexe maintenant x))

▬ ● ● ● ▬


Je t'ai à l'œil Invité ! Passe par si toi aussi tu as des commandes graphiques à passer !
Revenir en haut Aller en bas
Nate J. Miller
Fonda • Award du RP le plus émouvant
avatar
▪ In my Bubble ▪

Messages : 112
Points RP : 505
Date d'inscription : 02/04/2017
MessageSujet: Re: Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]   Dim 2 Avr - 15:58

...
C'est juste que j'adore ce smiley et son expression

▬ ● ● ● ▬


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité

▪ In my Bubble ▪

MessageSujet: Re: Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]   Dim 2 Avr - 17:20

C'est mignon un imberbe...

Rebienvenue mocheté
Revenir en haut Aller en bas
Jude L. O'Brien
Fonda • Allegro
avatar
▪ In my Bubble ▪

Messages : 2106
Points RP : 603
Date d'inscription : 17/01/2016
MessageSujet: Re: Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]   Dim 2 Avr - 17:22

Merci michonte

▬ ● ● ● ▬

- let the beast rock -I'm just a monster, a beast. Run. Run from me. You don't deserve to die this way. Please, run. You'll never win nothing if you stay with me. I've lost my humanity a long time ago. I'm cold, cold and distant. Welcome to hell, dude.
Revenir en haut Aller en bas
Ambroise Neelov
Moderato
avatar
▪ In my Bubble ▪

Messages : 757
Points RP : 762
Date d'inscription : 15/02/2017
MessageSujet: Re: Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]   Dim 2 Avr - 17:41

Dude, ton avatar est magnifique.

Rebienvenue chez toi.

I adore your character.

Salut.
#enflure
Revenir en haut Aller en bas
Maria Kurosaki
Andante
avatar
▪ In my Bubble ▪

Messages : 14
Points RP : 416
Date d'inscription : 05/03/2017
MessageSujet: Re: Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]   Dim 2 Avr - 18:05

J'ai lu ta fiche Joude/Jules :D

Elle est vachement cool l'histoire et ton pouvoir est stylé de ouf ! Rebienvenue :D

Et puis Touka quoi....
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité

▪ In my Bubble ▪

MessageSujet: Re: Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]   Dim 2 Avr - 18:52

Revenir en haut Aller en bas
 
Cantabile - Nate J. Miller [DC Joude]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Tasty Tales ► Forum RPG Université :: Les premiers pas :: Présentations :: Présentations validées-
Sauter vers:  
Ewilan RPGHoshi no Musudabberblimpnom de l'image